Édito : Le monde d’après est déjà là !

Ce n’est plus une hypothèse, ni une crainte d’analystes : le nouvel ordre mondial est en train de s’installer sous nos yeux. À Davos, plusieurs dirigeants occidentaux, à commencer par ceux du  Canada et de l’Europe, l’ont reconnu sans détour, actant une rupture historique accélérée par le retour offensif de Donald Trump sur la scène internationale.

À la tribune du Forum économique mondial, le ton est donné : puissance, rapport de force, intérêts nationaux avant les règles communes. Trump assume un monde où, selon sa logique, « les nations fortes survivent, les autres s’adaptent ou disparaissent ». Ses attaques répétées contre Emmanuel Macron, son mépris affiché pour les cadres multilatéraux et son intervention unilatérale au Venezuela traduisent une vision claire : le droit international ne s’impose plus, il se négocie par la force.

Face à cela, la réaction occidentale est révélatrice. Le Canada, par la voix de son Premier ministre et de ses ministres à Davos, a acté la fin d’une ère. « L’ancien ordre mondial fondé sur des règles ne tient plus », a reconnu Ottawa, ajoutant que « nous entrons dans un monde plus dur, plus fragmenté, plus brutal ». Un constat partagé par plusieurs responsables européens, qui parlent désormais ouvertement d’un monde où la puissance prime sur le droit.

Emmanuel Macron, lui, a dénoncé « une logique d’intimidation », affirmant que l’Europe refuse de se soumettre à un ordre international dicté par les plus forts. Mais cette résistance verbale suffit-elle face à une Amérique qui impose les faits accomplis ?

Dans ce contexte, l’Afrique apparaît comme la grande interrogée de ce nouvel ordre mondial. Dans un système où l’on affirme qu’il faut être fort pour survivre, le continent n’a plus le luxe de la dispersion. Soit il devient un acteur stratégique, uni et affirmé, soit il risque de redevenir un simple terrain d’influence dans la compétition des puissances.

Le monde d’après n’est pas à venir : il est déjà là. Et chacun, y compris l’Afrique, devra y trouver sa place ou se la faire.

Don Momat

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