Malgré l’interdiction de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, l’opposition congolaise maintient son appel à un sit-in ce vendredi 12 juin 2026, devant le Palais du peuple pour dénoncer toute éventuelle révision de la Constitution. Alors que les organisateurs invoquent le droit de manifester garanti par la Constitution, certains juristes et acteurs politiques estiment que cette initiative s’oppose à une procédure légalement encadrée, illustrant les profondes divergences qui traversent la scène politique congolaise.

Elle appelle les Kinois à un sit-in ce vendredi devant le Palais du peuple. Objectif affiché : s’opposer à toute révision de la Constitution, qu’elle estime susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président de la République.
Une initiative suscite des réactions contrastées. Pour Me Léon Ngombua, avocat près la Cour d’appel, cette manifestation est contraire aux dispositions constitutionnelles. « Ils s’opposent à la loi référendaire que l’assemblée nationale a voté et est-ce la demarche de la de la chambre basse du parlement a violé une disposition de la constitution ? Non et si quelqu’un s’oppose à une procédure constitutionnelle, il est anti- constitutionnelle, fayulu ne peut pas organiser un sit-in pour s’opposer à une démarche constitutionnelle. » a-t-il déclaré.
À l’inverse, Pedro Mvuezani, cadre du Rassemblement pour le Changement du Congo, parti membre de la coalition C64, affirme que l’opposition maintient son sit-in malgré l’interdiction notifiée par l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
« La population va descendre à l’esplanade du palais du peuple pour montrer ce désaccord et nous allons dire non au changement de la constitution, non au troisième mandat de Monsieur Félix tshisekedi et dire non à la balkanisation de notre pays et en ce qui concerne l’aval du gouvernement provincial, nous devons rappeler que nous sommes sous un régime d’information et non d’autorisation l’article 26 le stipule clairement. » a-t-il affirmé.
L’appel, largement relayé sur les réseaux sociaux par plusieurs figures de l’opposition, intervient dans un contexte de vifs débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo.
Didier ILUNGA
