Kinshasa – Tshisekedi au marché central : La leçon derrière la visite du chef de l’État

La récente visite d’inspection du Président de la République, Chef de l’État, sur plusieurs artères stratégiques de Kinshasa, notamment au Marché central Zando et ailleurs, aura eu le mérite de remettre au centre du débat national une question devenue cruciale : celle de la salubrité publique, de l’hygiène urbaine et de la gouvernance environnementale dans la capitale congolaise.

À travers cette descente de terrain, le Chef de l’État a voulu constater l’ampleur des désordres urbains qui gangrènent Kinshasa : immondices abandonnées sur la voie publique, caniveaux obstrués, prolifération des marchés pirates, occupation anarchique des trottoirs et insalubrité persistante dans plusieurs communes. Une situation qui interpelle autant les autorités que les citoyens.
Car au-delà des constats, une évidence s’impose : la question de l’assainissement n’est plus seulement un problème technique ou administratif. Elle relève désormais d’une urgence de santé publique, d’ordre urbain et même de culture citoyenne.

L’environnement sain, une exigence collective

Il est temps de comprendre qu’aucune ville ne peut aspirer au développement dans le désordre permanent. Une capitale moderne ne peut cohabiter avec des montagnes de déchets, des marchés improvisés au bord des routes et une anarchie urbaine qui expose quotidiennement la population aux maladies et aux accidents.
L’environnement sain doit devenir une culture collective. Cela exige un changement profond de mentalités, aussi bien au niveau des gouvernants que des administrés. La salubrité n’est pas uniquement l’affaire du gouvernement provincial ou des services spécialisés ; elle commence dans chaque rue, chaque parcelle, chaque quartier.

Dans cette dynamique, la responsabilité est partagée : les chefs de rue doivent jouer pleinement leur rôle de proximité dans la sensibilisation et le contrôle communautaire.
Les chefs de quartiers sont appelés quant à eux à renforcer l’encadrement local et le suivi des opérations d’assainissement.
Les bourgmestres doivent cesser toute complaisance face aux occupations anarchiques et aux marchés pirates.
Les ministres provinciaux sectoriels doivent assurer un véritable suivi des politiques d’hygiène urbaine. Le Gouverneur de la ville doit imposer une gouvernance rigoureuse et coordonnée et le gouvernement central, enfin, doit accompagner les provinces avec des moyens, une vision et une volonté politique constantes.

Les marchés pirates : symbole du désordre urbain

Parmi les fléaux dénoncés lors de cette visite présidentielle figurent les marchés pirates, devenus l’une des principales causes des embouteillages monstres et des désordres routiers à Kinshasa.
Des vendeurs installés anarchiquement sur les trottoirs, la chaussée et parfois même au milieu des avenues, paralysent la circulation et exposent les populations à tous les risques.

Cette situation ne peut prospérer sans complicités. La vérité doit être dite : derrière plusieurs marchés pirates se cachent souvent des réseaux d’agents véreux qui perçoivent indûment de l’argent au détriment de l’intérêt général. Ces pratiques sapent l’autorité de l’État et fragilisent les efforts d’assainissement.
Il devient donc impératif de sanctionner sévèrement tous les agents impliqués dans ces circuits de corruption qui entretiennent l’anarchie urbaine. La rigueur doit être la règle, non l’exception. Où est passé le Programme National d’Assainissement (PNA) ? où est passée la régie d’assainissement de la ville de Kinshasa ” RASKIN”.

À l’heure où Kinshasa fait face à une crise chronique de gestion des déchets et de salubrité, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la visibilité et l’efficacité de cette structure censée coordonner la politique nationale d’assainissement.
Le pays ne peut réussir la bataille de l’environnement sans institutions fortes, sans moyens adaptés et sans suivi permanent. Le professionnalisme des services d’assainissement doit être restauré afin de garantir des interventions efficaces, régulières et durables.

La visite du Chef de l’État sonne comme un avertissement pour un changement vrai. L’heure n’est plus aux discours, mais aux actions concrètes.

Chris Mutombo

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