RDC – Ville morte : La CP64 Alinéa 2 d’Aaron Mukula porte plainte contre la coalition C64

La tension politique autour de la journée « ville morte » organisée le 3 juin dernier continue de susciter des réactions. La Coalition des Patriotes pour la Défense des Institutions (CP64 Alinéa 2) a déposé, jeudi 11 juin 2026, une plainte auprès du Procureur général près la Cour de cassation contre plusieurs figures de la coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64).

Cette initiative judiciaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu marqué par de profondes divergences entre la majorité au pouvoir et une frange de l’opposition sur plusieurs questions nationales, notamment la gouvernance, les réformes institutionnelles et la situation sécuritaire dans l’Est du pays. L’appel à une journée « ville morte » lancé par la coalition C64 avait été présenté par ses initiateurs comme une action citoyenne destinée à dénoncer la gestion du pays, tandis que ses détracteurs y voyaient une tentative de perturbation de l’ordre public.

La plainte vise notamment Prince Epenge, Delly Sessanga, Dieu Donné Bolengetenge, Fracklyn Tshamala, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund-a-Kabund. Les plaignants les accusent de menaces de violences, d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de tentative de déstabilisation des institutions de la République.

Selon Aaron Mukula Badu Ebaal Isem, coordonnateur national de la CP64 Alinéa 2, les activités menées par la coalition C64 depuis sa création, le 19 mai 2026 à Kinshasa, s’écarteraient du cadre légal républicain. Il reproche notamment à cette plateforme d’avoir appelé à une journée « ville morte » sur l’ensemble de la capitale ainsi que dans plusieurs autres villes du pays.

Le document met particulièrement en cause une publication attribuée à Prince Epenge sur les réseaux sociaux, diffusée le 27 mai 2026. Le message appelait les habitants à laisser leurs véhicules à domicile à l’occasion de la journée de mobilisation. Pour les auteurs de la plainte, ces propos constituent une forme d’intimidation susceptible de décourager les citoyens désireux de poursuivre librement leurs activités.

La plainte évoque également des liens présumés entre la coalition C64 et le mouvement « Sauvons la RDC ». Selon le plaignant, cette organisation partagerait certaines revendications et plusieurs membres avec la coalition visée. Il fait notamment référence à un communiqué signé le 20 mai 2026 par Moïse Nyarugabo, présenté comme un soutien officiel à la plateforme C64.

Estimant que ces faits sont de nature à porter atteinte à la sûreté intérieure de l’État, à troubler l’ordre public et à fragiliser les institutions de la République, la CP64 Alinéa 2 demande l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités éventuelles des personnes citées.

À travers cette démarche judiciaire, les plaignants souhaitent que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant entouré l’organisation de la journée « ville morte » et sur les déclarations publiques de ses initiateurs.

Au sortir de l’audience, Aaron Mukula Badu Ebaal Isem a tenu à préciser que son organisation, qu’il présente comme un mouvement patriotique engagé dans la défense des institutions de la République, se tiendra toujours aux côtés du peuple congolais pour préserver les intérêts de la Nation. Il a rejeté les accusations faisant état d’une quelconque proximité avec le pouvoir en place, affirmant que sa démarche relève exclusivement de la protection de l’ordre constitutionnel.

Le coordonnateur national de la CP64 Alinéa 2 a également critiqué l’organisation d’une nouvelle manifestation annoncée par l’opposition ce vendredi 12 juin aux abords du Palais du Peuple. Selon lui, cette initiative risque de perturber le fonctionnement normal des institutions parlementaires et d’accentuer davantage les tensions politiques dans le pays.

À ce stade, les personnalités visées par la plainte n’ont pas encore réagi officiellement aux accusations portées contre elles. La procédure engagée devrait permettre à la justice de se prononcer sur les griefs formulés par les plaignants.

José-Junior Owawa

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