Chaque jour, les embouteillages paralysent les principales artères de Kinshasa et coûtent cher à l’économie. Entre pertes de temps, surconsommation de carburant, usure accélérée des véhicules et hausse des coûts d’exploitation, les transporteurs voient leur rentabilité s’effondrer. Économistes et opérateurs du secteur alertent sur les répercussions de cette situation, qui se répercutent inévitablement sur le pouvoir d’achat des Kinois.

« Le détail est complexe parce qu’il faut calculer le temps, il faut calculer le carburant et l’usure du véhicule. Il faut aussi tenir compte du prix conjoint fixé par le gouverneur avec les automobilistes », explique-t-il.
Or, le temps passé dans les bouchons détériore le rendement. « Le véhicule n’arrive pas à se refroidir pendant qu’il roule dans les embouteillages. Le carburant est dépensé inutilement. Soit on augmente les tarifs de façon volumineuse, soit le rendement n’est pas efficace par rapport à ce que les gens payent pour ce trajet. »
Il estime que les embouteillages ne sont pas le seul problème. Le mauvais état des routes nous fait perdre de l’argent tous les jours. Mais l’augmentation des prix au-delà de ce qui est prévu par la commission mixte chauffeurs-gouvernement expose les transporteurs aux pénalités.
« Le domaine du transport public, c’est un grand service de l’État. C’est un privilège pour protéger le peuple. La difficulté, c’est qu’on est embarrassé : entre tricher et changer de direction pour sauver le rendement, ou respecter les tarifs et perdre de l’argent. C’est très malaisé de s’exposer aux pénalités de l’État. »
Pour lui un chef d’entreprise du secteur de transport, les embouteillages ne sont même pas le premier obstacle.
« Le principal problème, ce n’est pas d’abord les embouteillages. Ce sont les services et la multitude de services. En plus de la PCR, plusieurs autres services viennent pour les tracasseries. Ce que nous appelons ‘doublements’ est institutionnalisé : on te fait payer les impôts et on te fait payer le prix au peuple. »
Et la facture finit toujours par retomber sur le même. « Dans le cadre du transport en commun, c’est nous les chefs d’entreprise. Même si c’est le chauffeur qui paye directement sur terrain, dans la chaîne de commande, dans l’organisation et dans le bénéfice, c’est toute l’entreprise qui encaisse. »
À Kinshasa, l’embouteillage est devenu un système. Un système qui allie routes saturées, carburant gaspillé, tracasseries multiples et tarifs bloqués.
Tant que ces goulots d’étranglement ne seront pas levés, transporter des personnes et des marchandises à Kinshasa restera une activité à haut risque économique.
Et le prix, au finish, sera toujours payé par le Kinois dans son panier de la ménagère.
Maxi Ngoy / stagiaire de GH
