La mise en fourrière des véhicules a donné lieu à une vive tension vendredi dernier au niveau de la Galerie présidentielle, dans la commune de la Gombe. Une opération d’enlèvement s’est transformée en affrontement entre les agents chargés de la mise en fourrière et plusieurs jeunes présents sur les lieux.


À l’origine de l’incident, la tentative d’embarquer un véhicule stationné sur un parking. Des jeunes présents sur place se sont opposés à l’opération, estimant que le véhicule était correctement garé. Le désaccord a rapidement dégénéré en échauffourées entre les deux parties.
Cet incident remet sur la table la question de la mise en fourrière des véhicules à Kinshasa. Destinée notamment à sanctionner les infractions au Code de la route et à contribuer au maintien de l’ordre sur les espaces publics, cette mesure ne fait pas toujours l’unanimité auprès des automobilistes.
Pour certains usagers, le problème ne réside pas dans le principe même de la sanction, mais plutôt dans la manière dont les opérations sont menées sur le terrain. Ils dénoncent notamment ce qu’ils considèrent comme des pratiques peu transparentes dans le choix des véhicules à embarquer ainsi que dans l’application des amendes.
Rencontré dans le cadre de ce sujet, un usager affirme avoir lui-même été victime de ce qu’il qualifie de maltraitance.
«« J’ai été victime de cette maltraitance alors que ma voiture était correctement garée sur le parking. Le problème avec la fourrière, c’est qu’elle ne fait pas toujours son travail comme il se doit. Les agents trient les véhicules à embarquer, surtout lorsqu’il s’agit de voitures neuves. Une fois sur le terrain, on nous demande de payer une amende qui, selon moi, varie en fonction de la marque du véhicule.
Face à cette situation qui commence à prendre une autre tournure, avec notamment des affrontements, nous demandons au gouvernement de prendre en compte nos plaintes et de mieux encadrer le travail de la fourrière. Il faut que les opérations soient menées correctement, au lieu d’embarquer des véhicules neufs ou régulièrement stationnés, tout en laissant sur les parkings publics des voitures abandonnées et immobilisées depuis plusieurs années. »»
Ces accusations, qui relèvent du témoignage de cet usager, soulèvent la question de la transparence et de l’équité dans les opérations de mise en fourrière. Elles mettent également en évidence le besoin d’une meilleure compréhension, par les automobilistes, des règles applicables en matière de stationnement et des conditions pouvant justifier l’enlèvement d’un véhicule.
La mise en fourrière demeure un instrument important de discipline routière et de gestion des espaces publics. Toutefois, lorsque son application donne lieu à des incompréhensions, à des contestations ou à des affrontements, elle peut rapidement être perçue comme une source de tensions entre les agents chargés de faire respecter les règles et les usagers.
Au-delà de l’incident survenu à la Gombe, l’enjeu reste donc de trouver un équilibre entre le respect des règles de circulation et une application transparente, équitable et clairement expliquée des sanctions.
Veronica Kapinga
