Éditorial / Grands enjeux : Quand Genève devient le centre de la traçabilité et éloigne l’ombre de l’opacité du secteur minier

Au moment où, ce jeudi matin je me promène dans les rues de Genève mes pensées m’amènent malgré moi à évoquer le rôle que cette ville a joué et continue à jouer dans la vie politique de mon pays tant elle a abrité des réunions qui ont impacté la marche de la nation congolaise.

Aujourd’hui avant la table ronde des milieux d’affaires avec la Première ministre Judith Suminwa qui se tient à Genève, j’ai en mémoire la réunion qui avait réuni dans cette ville le Gotha de l’opposition politique de l’époque. Ils étaient venus pour s’entendre sur le candidat unique en vue d’affronter celui de la majorité de l’époque. Il y avait Moise Katumbi, Adolphe Muzito, Vital Kamerhe, Félix Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba, Freddy Matungulu et Martin Fayulu.

 Nous connaissons la suite et pour la première fois nous avons vu la notion de la base influer sur la géostratégie des élites. Comme mus par la force de l’histoire, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe avaient décidé de poser le pont entre leurs ambitions du moment et les défis qui s’annonçaient pour la nation. Ils ont résisté à Genève et ils ont construit une réalité qui d’ailleurs à ce jour permet de faire face au complot dont les germes furent déjà posées à Genève.

Genève la capitale mondiale des droits de l’homme a accueilli plusieurs délégations par le passé, surtout les opposants congolais qui avaient trouvé des oreilles attentives dans cette ville.

Genève aujourd’hui accueille une autre délégation de haut niveau conduite par la première ministre dans un registre différent, notamment celui de la traçabilité des minerais sortis du Congo. Ces ressources au cœur de la déflagration sécuritaire qui a amené la région des Grands Lacs dans des conflits sans nom. Aussi longue qu’elle fut cette guerre vit déjà son épilogue avec les différentes négociations qui sont en cours et qui sont dans une certaine mesure la borne à la dégradation générale.

Félix Antoine Tshisekedi sait que le plus dur est à venir, notamment la reconstruction des zones concernées. Un chiffre a déjà été avancé, celui de 5 milliards des dollars pour faire face aux multiples défis, humanitaires, sécuritaires, économiques et sociales.

À Genève sont représentés les utilisateurs finaux des ressources venues de la RD Congo pour le monde. Ils avaient besoin d’entendre des vérités fortes et surtout de se convaincre de la determination des autorités congolaises de poser un nouveau paradigme dans la gestion des ressources naturelles. Madame Judith Suminwa a agi avec sagesse pour porter auprès de ceux qui vivent aussi du Congo le désir ardent de ce dernier d’accéder à la paix et à la coopération sous régionale intégrée.

Ils étaient venus tous et ont eu un échange fructueux, nous dit-on car les séances à huis clos étaient nécessaires à la libération de la parole vraie.

Genève cette fois-ci sera une rampe de lancement pour un retour au progrès solidaire et non un glauque de la compromission.

Ils sont venus assumer la partition de la musique actuelle. Elle se joue sur le son de la souveraineté et de l’intégrité nationale. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, jamais unanimité n’a été aussi forte pour redonner au pays de Lumumba ses lettres de noblesse. Même les entreprises genevoises que les autorités congolaises rencontrent dans le cadre de la table ronde sont appelées à intégrer la nouvelle donne, d’un Congo fort et uni.

C’est une ville de Genève dans cet hiver naissant qui reçoit les paroles chaudes des congolais déterminés à inscrire leur pays dans le concert des nations. La première ministre a posé les pierres d’un mur d’efficacité, seul moyen de renverser la tendance dans cette culture de la prédation qui avait choisi Genève comme encre de son opacité.

WAK

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