Utilisé pour faciliter les recherches scolaires, le téléphone portable s’impose progressivement dans les salles de classe. Mais son usage n’est pas sans conséquences. Entre apports pédagogiques et risques de distraction, responsables scolaires et parents appellent à un meilleur encadrement de cet outil numérique.


Le téléphone portable occupe une place de plus en plus importante dans le quotidien des élèves. À l’école, il peut notamment servir à effectuer des recherches, consulter des informations ou réaliser certains travaux demandés par les enseignants. Une utilisation qui s’inscrit dans la volonté de rapprocher l’enseignement des outils numériques.
Mais sur le terrain, cette pratique suscite également des inquiétudes. Dans certains établissements, l’usage du téléphone en classe est devenu difficile à contrôler, au point de détourner certains élèves des activités pédagogiques.
Pour Bernadette Ntota, chef d’établissement, l’utilisation du téléphone avait initialement été autorisée dans le cadre de la pédagogie rénovée. L’objectif était de permettre aux élèves d’effectuer des recherches en lien direct avec les cours. Une démarche qui, selon elle, présentait un intérêt pédagogique, mais dont les limites sont progressivement apparues.
La responsable scolaire déplore notamment que certains élèves profitent des moments consacrés aux recherches pour utiliser leur téléphone à d’autres fins. Prises de photos, enregistrements vidéo ou simple manipulation de l’appareil sans rapport avec le cours figurent parmi les comportements observés.
Ces pratiques peuvent, selon elle, perturber le déroulement des enseignements et réduire la concentration des élèves. Face à ces difficultés, elle estime que certaines recherches pourraient être réalisées à domicile, avec un accompagnement des parents.
Cette préoccupation est également partagée par des parents d’élèves. L’un d’eux reconnaît l’utilité du téléphone pour effectuer des recherches et répondre aux travaux scolaires. Toutefois, il estime que l’outil peut rapidement devenir une source de distraction lorsque son utilisation n’est pas suffisamment contrôlée.
Il évoque notamment le visionnage de contenus sans rapport avec les cours, les prises de photos et les enregistrements vidéo pendant les heures d’enseignement. Pour ce parent, le contrôle exercé par les enseignants reste limité, surtout lorsque les élèves ne respectent pas les consignes fixées.
Il propose ainsi que certaines recherches soient réalisées à la maison, sous la surveillance des parents. Une fois le travail terminé, les téléphones pourraient être récupérés afin d’éviter leur utilisation à d’autres fins.
Au-delà de la question de l’interdiction ou de l’autorisation, le débat porte donc sur les conditions d’utilisation du téléphone à l’école. L’enjeu est de permettre aux élèves de tirer profit des outils numériques sans que ceux-ci ne deviennent un obstacle aux apprentissages.
Entre innovation pédagogique et discipline scolaire, l’utilisation du téléphone portable appelle ainsi des règles précises, adaptées aux réalités des établissements. L’objectif reste de faire du numérique un véritable outil d’apprentissage, et non une source supplémentaire de distraction en classe.
Veronica Kapinga
