Dans l’objectif d’accélérer sa transformation numérique et de renforcer sa place dans le secteur mondial des télécommunications, la République démocratique du Congo veut franchir une nouvelle étape stratégique sur la scène internationale.
Lors du dernier Conseil des ministres, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique José Mpanda a présenté le dossier relatif à la candidature de la RDC au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT), dont l’élection sera formalisée lors de la conférence de plénipotentiaires prévue en novembre prochain à Doha, au Qatar, pour le mandat 2027-2030.
Dans sa note d’information, le ministre a expliqué que « le dispositif de campagne envisagé » sera mis en œuvre « sous la coordination opérationnelle des ministères des Affaires étrangères et de son ministère, avec une équipe sectorielle multipartite », afin d’activer « une diplomatie de proximité, un lobbying institutionnel, une communication de marque pays et la visibilité technique de la République démocratique du Congo ».
À travers cette candidature, Kinshasa affiche clairement ses ambitions : renforcer le positionnement de la RDC comme « puissance africaine des télécommunications » et moteur du développement des infrastructures numériques et de la connectivité sur le continent africain.
Le ministre a d’ailleurs souligné devant le Conseil « la pertinence de cette candidature pour le positionnement de notre pays comme puissance africaine de télécommunications et moteur du développement des infrastructures numériques et de connectivité du continent ».
Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par les autorités congolaises, avec pour objectif de moderniser les infrastructures technologiques, améliorer l’accès à internet et attirer davantage d’investissements dans le secteur du numérique.
Parmi les priorités annoncées figurent notamment l’extension de la fibre optique, l’amélioration de la couverture mobile sur l’ensemble du territoire national ainsi que le développement progressif des technologies de nouvelle génération. Les autorités ambitionnent également de réduire les inégalités d’accès à internet, particulièrement dans les zones rurales et enclavées où la connectivité reste encore très limitée.
La stratégie gouvernementale repose aussi sur le programme « Digital Nation 2030 », présenté comme une feuille de route destinée à faire du numérique un levier de croissance économique, d’innovation et de création d’emplois pour la jeunesse congolaise.
En parallèle, la RDC entend capitaliser sur sa position géographique stratégique et l’importance de son marché intérieur afin d’attirer davantage d’investisseurs internationaux actifs dans les télécommunications et les technologies financières. La progression continue du mobile money et des services numériques contribue progressivement à renforcer l’attractivité du pays dans l’économie digitale africaine.
Le projet de satellite souverain congolais illustre également cette volonté des autorités de renforcer la souveraineté numérique nationale et de sécuriser les communications stratégiques du pays.
Toutefois, malgré ces ambitions, plusieurs défis demeurent importants. Le coût élevé de l’internet, le déficit énergétique, les insuffisances infrastructurelles ainsi que l’ampleur des financements nécessaires constituent encore des obstacles majeurs à cette transformation numérique.
À travers cette candidature au Conseil de l’UIT et les différentes réformes engagées, la RDC espère progressivement s’imposer comme un acteur incontournable des télécommunications en Afrique centrale et sur l’ensemble du continent.
Le Conseil des ministres a pris acte de cette note d’information, marquant ainsi une nouvelle étape dans les ambitions numériques de la République démocratique du Congo.
Daniella Kalala
