Alors que le débat sur la révision de la Constitution continue d’alimenter les discussions en République démocratique du Congo, les attentes de la jeunesse s’invitent dans les échanges. Emploi, éducation, représentation politique et participation à la vie publique figurent parmi les principales préoccupations exprimées par les jeunes, qui souhaitent voir leurs aspirations davantage prises en compte dans les politiques nationales.

Pour de nombreux jeunes Congolais, une éventuelle révision de la Loi fondamentale devrait aller au-delà des considérations politiques et intégrer des dispositions susceptibles de renforcer leur place dans les institutions, d’encourager leur engagement citoyen et de promouvoir un changement de comportement au sein de la société.
Interrogé à ce sujet, le jeune juriste Me Fiston Tayeye estime que certaines dispositions de la Constitution pourraient être améliorées afin de mieux répondre aux réalités de la jeunesse congolaise. Toutefois, il nuance le débat en rappelant qu’il s’agit d’une révision de la Constitution, conformément aux mécanismes prévus par la Loi fondamentale, et non de l’adoption d’une nouvelle Constitution.
Selon lui, au regard des défis politiques, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté, la révision de la Constitution ne constitue pas, à ce stade, une priorité nationale. Il considère que les préoccupations majeures des Congolais portent davantage sur la gouvernance, la lutte contre la corruption, l’emploi des jeunes et l’amélioration des conditions de vie.
« Quelles sont les dispositions de la Constitution qui ne reflètent plus les réalités politiques, économiques ou sociales du peuple congolais ? Lorsque les détournements des deniers publics demeurent impunis, peut-on soutenir que la Constitution en est responsable ? », s’interroge-t-il.
Le juriste estime qu’une éventuelle révision pourrait être envisagée après les élections générales de 2028, sous l’impulsion des nouvelles institutions issues des urnes, si un consensus national en démontrait la nécessité.
Au-delà des divergences sur l’opportunité d’une révision constitutionnelle, une revendication fait largement consensus parmi les jeunes : celle d’être pleinement associés aux décisions qui engagent l’avenir du pays. Représentant la majorité de la population congolaise, la jeunesse aspire à être reconnue comme un acteur du développement national, capable de contribuer à la gouvernance, à la consolidation de la démocratie et à la transformation de la République démocratique du Congo.
Myriam Likiyo
