Un bateau en provenance de la Tshopo, immobilisé à environ 65 kilomètres de Kinshasa après le décès d’un passager présentant des symptômes compatibles avec Ebola, reste sous étroite surveillance des autorités sanitaires. Le gouvernement affirme qu’aucune confirmation scientifique ne permet, pour l’instant, de conclure à un cas d’Ebola et invite la population à éviter toute spéculation.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo se veut rassurant après l’alerte provoquée par un cas suspect d’Ebola à bord d’une embarcation en provenance de la province de la Tshopo. Face aux inquiétudes suscitées par cette situation, les autorités assurent que toutes les mesures de prévention ont été prises et qu’aucun résultat de laboratoire ne confirme, à ce stade, la présence du virus Ebola.
Ces précisions ont été apportées par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors d’un briefing de presse tenu le mercredi 5 août 2026. Il a expliqué que cette question a été examinée au plus haut niveau de l’État, au cours d’une réunion présidée par le président de la République, en présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du ministre de la Santé et du professeur Jean-Jacques Muyembe, figure de référence dans la lutte contre Ebola en RDC.
Selon le gouvernement, le bateau concerné transportait des passagers en provenance de la Tshopo. Au cours du voyage, un homme souffrant de fièvre et de diarrhée est décédé à Pimu, dans la province de la Mongala. En raison de ces symptômes, les autorités sanitaires ont immédiatement activé les mesures prévues dans le cadre de la riposte contre Ebola.
L’embarcation a ainsi été immobilisée à environ 65 kilomètres de Kinshasa afin de permettre aux équipes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de procéder au dépistage de tous les passagers. D’autres bateaux ont été mobilisés pour organiser l’évacuation progressive des voyageurs après les contrôles sanitaires, tandis qu’un périmètre de sécurité a été installé autour de l’embarcation pour limiter tout risque de propagation.
Patrick Muyaya a insisté sur le fait que les analyses de laboratoire sont les seules à pouvoir confirmer ou écarter un cas d’Ebola. Il a rappelé que plusieurs maladies tropicales ou infectieuses peuvent provoquer des symptômes semblables, notamment la fièvre et les diarrhées sévères. Il a donc invité la population à faire preuve de prudence et à ne pas diffuser d’informations non vérifiées.
Le porte-parole du gouvernement a également précisé que, jusqu’à présent, un seul décès a été enregistré, celui du passager décédé à Pimu. Aucun autre décès n’a été signalé parmi les près de 200 voyageurs présents à bord du bateau.
Cette alerte intervient alors que la République démocratique du Congo poursuit une riposte renforcée contre l’épidémie d’Ebola qui touche principalement la province de l’Ituri. Les autorités sanitaires, avec l’appui de leurs partenaires nationaux et internationaux, renforcent la surveillance aux ports, aux aéroports et aux autres points d’entrée afin de détecter rapidement tout cas suspect et de limiter les risques de propagation vers d’autres provinces, notamment Kinshasa.
En attendant les résultats des analyses de l’INRB, le gouvernement réaffirme sa volonté de communiquer de manière transparente sur l’évolution de la situation. Il appelle la population au calme, au respect des consignes sanitaires et à faire confiance aux informations diffusées par les autorités compétentes.
Chris Mutombo
