Retour sur ExpoBéton 2026 | Popol Mabolia Yenga : « Le Cadastre minier est le socle de l’organisation du domaine minier »

Alors que la 11ᵉ édition d’Expo Béton RDC, organisée du 27 au 30 mai dernier à Kalemie, a consacré plusieurs panels à la gouvernance des ressources naturelles, l’intervention du Directeur général du Cadastre Minier (CAMI), Popol Mabolia Yenga, a permis de mieux comprendre le rôle stratégique de cette institution dans l’organisation du secteur minier congolais.

Invité à intervenir lors d’un panel consacré à l’articulation entre la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire et le Code minier, le Directeur général du CAMI a rappelé que la gestion du domaine minier dépasse la seule délivrance des titres. Elle repose avant tout sur une coordination permanente entre plusieurs institutions de l’État afin d’assurer une utilisation cohérente du territoire national.

« Le domaine minier concerne le sol et le sous-sol de la République démocratique du Congo. Sa gestion ne relève pas uniquement du Cadastre minier, mais également d’autres services spécialisés avec lesquels nous travaillons pour accompagner le Gouvernement dans l’administration de ce patrimoine national », a-t-il expliqué.

Un système conçu pour mettre de l’ordre

Au cours de son intervention, Popol Mabolia Yenga est revenu sur la réforme introduite par le Code minier de 2002, qui a profondément transformé la gestion des droits miniers en RDC.

Il a rappelé qu’avant cette réforme, l’attribution des titres reposait principalement sur un régime conventionnel. La création du Cadastre minier a permis d’instaurer un système moderne fondé sur une cartographie précise du territoire national.

« Toute la République démocratique du Congo a été découpée en carrés miniers d’environ 900 mètres sur 900 mètres. Chaque permis est désormais identifié sur cette base, ce qui permet d’assurer une gestion plus transparente et plus rationnelle des droits miniers », a expliqué le Directeur général.

Cette digitalisation progressive du cadastre a constitué une avancée majeure dans la sécurisation des investissements et dans la prévention des conflits liés au chevauchement des titres.

Une coordination devenue indispensable

Pour le responsable du CAMI, l’évolution du cadre juridique impose aujourd’hui une coopération encore plus étroite entre les différentes administrations publiques.

Après l’intégration des espaces protégés gérés par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), l’entrée en vigueur de la loi sur l’aménagement du territoire ouvre une nouvelle étape dans la gouvernance foncière et minière.

Selon lui, cette réforme invite l’ensemble des institutions concernées, notamment le Cadastre minier, l’Agence nationale d’aménagement du territoire (ANAT), le Service géologique national du Congo et les autres services techniques, à harmoniser leurs interventions afin de garantir une meilleure planification des activités économiques.

« Nous devons travailler ensemble. Notre système permet de superposer différentes cartes afin d’identifier les zones pouvant être concédées, celles destinées à la recherche ainsi que les espaces à préserver ou à réserver aux infrastructures stratégiques comme les corridors de développement », a indiqué Popol Mabolia Yenga.

Rassurer les investisseurs tout en préservant l’intérêt général

À travers cette approche, le Cadastre minier entend contribuer à la sécurisation des investissements, un enjeu majeur dans un contexte où la RDC ambitionne de valoriser davantage ses minerais stratégiques.

La lisibilité des titres, la réduction des conflits d’usage du territoire et la coordination entre les administrations constituent, selon le Directeur général, des conditions essentielles pour attirer des capitaux tout en garantissant une exploitation durable des ressources naturelles.

Son intervention s’inscrivait pleinement dans le thème de cette 11ᵉ édition d’Expo Béton, consacrée à « Kalemie, capitale du lithium et carrefour stratégique au cœur des corridors africains de l’Est, du Sud et de l’Ouest ».

En revenant sur les fondements du système cadastral minier, Popol Mabolia Yenga a rappelé qu’au-delà de la délivrance des permis, le CAMI joue un rôle déterminant dans l’organisation de l’espace minier congolais et dans la recherche d’un équilibre entre exploitation des ressources, aménagement du territoire et développement durable.

À l’heure où la RDC entend renforcer son attractivité auprès des investisseurs, cette coordination entre institutions apparaît désormais comme l’un des principaux leviers d’une gouvernance minière moderne, transparente et tournée vers le développement.

Don Momat

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