RDC – Ebola, déjà plus de 130 morts : La riposte s’organise

La République démocratique du Congo fait une nouvelle fois face au virus Ebola. Le ministre de la Santé Docteur Roger Kamba a annoncé, tard dans la soirée de lundi, que 139 décès seraient potentiellement liés à cette nouvelle flambée épidémique, tandis que 543 cas suspects ont déjà été recensés à travers le pays. Des chiffres sont allés crescendo : 80 décès vendredi, 118 probablement d’Ebola au milieu de la journée de lundi, 139 dans la soirée. Mais le gouvernement assure que des analyses sont en cours pour déterminer si les 131 personnes ont réellement été emportées par Ebola. Les chiffres alarmants témoignent “que la situation est grave et que la maladie s’est propagée au sein de la population”, a déclaré le docteur Jean-Jacques Muyembe, célèbre virologue congolais, membre de l’équipe qui avait découvert Ebola en 1976.

L’épicentre de la maladie est dans la région Est de la RDC, avec des cas en Ituri et au Nord-Kivu, dont à Goma, ville sous administration des rebelles du M23 depuis plus d’une année.

Cette résurgence marque la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée dans l’histoire de la RDC, un pays régulièrement confronté à cette maladie hautement contagieuse depuis la découverte du virus en 1976 près de la rivière Ebola, dans le Nord – Ouest du pays.
Alors que l’Organisation mondiale de la santé, a classé l’épidémie d’Ebola Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale, les autorités congolaises tentent de rassurer la population.
Lors d’une conférence de presse lundi dans la soirée, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a appelé les Congolais à éviter la panique : “vous savez que nous avons une expérience de gestion des épidémies, et que toutes les équipes sont à pied d’œuvre pour une riposte à la fièvre hémorragique…” Le ministre de la communication a néanmoins appelé tous à observer des “gestes barrières”, à savoir, “se laver les mains régulièrement, éviter des attroupements, ne pas manipuler des corps des défunts”. La RDC tente de limiter la propagation du virus. Dans les zones touchées, le port de masque, l’usage des désinfectants deviennent obligatoires.

Malgré l’ampleur du péril sanitaire, le ministre de la santé assure que l’actuelle variante d’Ebola “est moins létale que la variante Zaïre”. Le gouvernement congolais est confiant de l’expérience acquise par la RDC dans la gestion des précédentes épidémies. Les autorités sanitaires affirment que le pays dispose aujourd’hui d’une expertise reconnue dans la riposte contre Ebola, grâce aux différentes campagnes menées ces dernières années avec l’appui de partenaires internationaux. L’OMS fait savoir qu’en moins de 24 heures, 12 tonnes de matériel d’urgence pour soutenir la réponse à l’épidémie de maladie à virus Ebola ont été acheminés dans les zones touchées, avec l’appui de la Monusco. L’organisation fait également savoir que 35 de ses experts et intervenants de première ligne et du ceux du ministère de la santé ont été également déployés

À l’international, la situation suscite déjà des réactions. Dans un communiqué publié le 18 mai 2026 depuis Addis-Abeba, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a salué la réaction rapide des gouvernements congolais et ougandais ainsi que les efforts des personnels de santé mobilisés sur le terrain pour contenir l’épidémie malgré des conditions jugées difficiles. “L’Afrique a déjà surmonté d’importants défis sanitaires grâce à l’unité, la coordination et l’action collective”, se rassure Mahmoud Ali.

Le président américain Donald Trump a déclaré que l’épidémie restait « confinée à l’Afrique » pour le moment, tout en confirmant qu’au moins un ressortissant américain avait contracté la maladie.

Washington a annoncé des restrictions de visas visant les personnes ayant récemment voyagé en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud, dans le cadre des mesures de prévention contre une éventuelle propagation internationale du virus. À seulement quelques jours de la coupe du monde de football, à laquelle la RDC est qualifiée pour la première fois depuis 52 ans, l’inquiétude pourrait monter. Pour l’instant l’une des anxiétés est la gestion adéquate de la maladie alors que les zones touchées font partie des régions affectées par la guerre.

À Goma, 189 cas des contacts suspects sont identifiées et investigués. Des sources notent que des échantillons de certains ont été envoyés à l’Institut national de recherche biomédical (INRB) pour des analyses. Que se passe-t-il en cas d’aggravation de la maladie ?
Que se passera si la maladie se propage dans les zones difficiles d’accès à cause des groupes armés ? Une question qui sans réponse pour l’instant.

Patrick Ilunga

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