Réforme constitutionnelle : L’opposition s’oppose et lance la coalition Article 64

Une nouvelle plateforme politique et citoyenne a vu le jour mardi à Kinshasa. Baptisée Coalition Article 64 (C64), cette structure rassemble plusieurs figures de l’opposition congolaise ainsi que des acteurs de la société civile autour d’un objectif commun : défendre l’ordre constitutionnel et s’opposer à toute tentative de modification de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Le lancement officiel de cette coalition s’est tenu au Collège Boboto, dans la commune de la Gombe, en présence de plusieurs leaders politiques de premier plan. Parmi eux figuraient Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, ainsi que des représentants des formations politiques de Moïse Katumbi et Matata Ponyo.

À travers cette initiative, les membres de la C64 entendent créer un front commun face à ce qu’ils considèrent comme des menaces contre la Constitution du 18 février 2006. Les initiateurs de la coalition dénoncent particulièrement une proposition de loi référendaire actuellement examinée à l’Assemblée nationale. Selon eux, cette démarche pourrait servir de porte d’entrée à une révision des dispositions dites « verrouillées » par l’article 220 de la Constitution, lequel interdit notamment toute modification liée au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

Les responsables de la coalition affirment également s’appuyer sur l’article 64 de la Constitution, qui stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir contraire aux dispositions constitutionnelles. Pour la C64, cet article constitue le fondement juridique et citoyen de leur mobilisation.

Autre argument avancé par les opposants : l’impossibilité, selon eux, d’engager une procédure de révision constitutionnelle alors que l’état de siège reste en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Ils estiment que le contexte sécuritaire actuel ne permet pas de toucher à la Loi fondamentale sans risquer de fragiliser davantage les institutions du pays.

Dans une déclaration à forte portée symbolique, les membres de la coalition ont également lancé le compte à rebours vers l’élection présidentielle de 2028. « À compter de ce 19 mai 2026, il reste 852 jours avant la convocation constitutionnelle de l’élection présidentielle de 2028 », ont-ils déclaré, affichant ainsi leur volonté de maintenir une pression politique constante jusqu’au prochain cycle électoral.

Avec la naissance de la Coalition Article 64, l’opposition congolaise tente ainsi de restructurer son action autour de la défense de la Constitution, dans un contexte politique marqué par les débats sur les réformes institutionnelles et les tensions autour de l’avenir du système démocratique en République démocratique du Congo.

Héritier Lelo

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