Guerre à l’Est de la RDC : Léonard She Okitundu lance la Dynamique patriotique 52 pour exiger l’application de la résolution 2773 de l’ONU

Face à la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le député national Léonard She Okitundu a officiellement lancé la Dynamique patriotique 52 (D52), une initiative citoyenne destinée à renforcer la mobilisation patriotique et à intensifier le plaidoyer diplomatique en faveur de l’intégrité territoriale du pays.


Fondée sur l’article 52 de la Constitution, cette structure entend obtenir l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige notamment le retrait du M23 des zones contrôlées et celui des forces rwandaises du territoire congolais.

L’article 52 comme fondement de la mobilisation

L’initiative tire son nom de l’article 52 de la Constitution congolaise, qui garantit à tous les Congolais le droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. Cette disposition interdit également à tout individu ou groupe d’individus d’utiliser une portion du territoire national comme base d’activités subversives ou terroristes contre la République démocratique du Congo ou tout autre État.

Pour Léonard She Okitundu, ancien ministre des Affaires étrangères, cette disposition constitutionnelle doit servir de fondement à une mobilisation nationale face à la crise qui secoue les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Lors du lancement de la D52, le député a réaffirmé sa condamnation de l’insurrection du M23 et de l’agression rwandaise contre la RDC. Il a insisté sur le caractère non négociable de la paix et de la sécurité des Congolais, particulièrement dans les territoires affectés par les combats et les occupations.

« La patrie demeure en danger. C’est pourquoi, nous lançons un appel solennel à l’ensemble du peuple congolais à ne pas baisser la garde », a-t-il déclaré, appelant à une vigilance constante face à la situation sécuritaire.

Un plaidoyer diplomatique auprès des grandes puissances

Au-delà de la sensibilisation de la population, la Dynamique patriotique 52 annonce une démarche diplomatique ciblée. Elle prévoit de solliciter les représentants à Kinshasa des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU : les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.

L’Union africaine et l’Union européenne figurent également parmi les institutions que la nouvelle structure entend mobiliser. L’objectif est de faire pression pour que les décisions internationales relatives à la crise congolaise soient effectivement mises en œuvre et ne restent pas de simples engagements diplomatiques.

« Nous allons continuer à entretenir inlassablement l’éveil de conscience patriotique au sein de toutes les couches sociales de la population et mener un plaidoyer diplomatique actif auprès des représentants à Kinshasa, des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Union africaine et de l’Union européenne, afin d’exiger l’application stricte de la résolution 2773 », a expliqué Léonard She Okitundu.

La D52 entend ainsi associer la mobilisation citoyenne à une action diplomatique soutenue, en mettant l’accent sur la responsabilité des acteurs concernés et sur le respect de la souveraineté congolaise.

Ce que prévoit réellement la résolution 2773

Adoptée à l’unanimité le 21 février 2025, la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies constitue l’un des principaux textes internationaux de référence sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Le texte condamne fermement l’offensive du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, menée avec le soutien des Forces de défense rwandaises, selon les termes de la résolution. Il exige que le mouvement cesse les hostilités, se retire de Goma, de Bukavu et de toutes les zones sous son contrôle, et mette fin aux administrations parallèles établies sur le territoire congolais.

La résolution demande également aux Forces de défense rwandaises de cesser leur soutien au M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la RDC, sans conditions préalables.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité appelle Kinshasa et Kigali à reprendre d’urgence les pourparlers diplomatiques afin de parvenir à un règlement durable du conflit. Il insiste sur la coordination des initiatives régionales de paix, notamment les processus de Luanda et de Nairobi, et demande aux parties de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et la circulation des civils.

Le texte aborde également la question des groupes armés actifs dans la région, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et appelle à mettre fin au soutien dont ils bénéficiraient ainsi qu’à respecter les engagements visant leur neutralisation. Il évoque enfin la nécessité de renforcer la transparence et la traçabilité du commerce des minerais provenant de l’Est congolais.

Pour Léonard She Okitundu, l’enjeu est désormais de faire respecter ces dispositions. Il estime que les mesures défensives invoquées dans le contexte sécuritaire ne peuvent servir à introduire des conditions qui videraient la résolution de sa portée. Il critique également certaines interprétations de l’accord de Washington, qu’il juge incompatibles avec les obligations découlant du texte onusien.

La crise dans l’Est au centre du débat national

Le lancement de la D52 intervient alors que l’occupation de plusieurs localités de l’Est et les conséquences des affrontements continuent de peser sur les populations civiles. Les déplacements de personnes, les atteintes à la sécurité et les difficultés d’accès aux services essentiels entretiennent les inquiétudes humanitaires.

Dans ce contexte, la nouvelle structure affirme vouloir maintenir l’attention de l’opinion publique sur le sort des Congolais vivant dans les zones touchées par la guerre. Elle entend prévenir ce qu’elle considère comme une banalisation de l’occupation d’une partie du territoire national.

La démarche s’inscrit également dans le débat politique autour des concertations nationales annoncées par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Léonard She Okitundu a salué l’engagement du chef de l’État en faveur de ces échanges, tout en soutenant que le dialogue doit prendre en compte la question de l’agression et de la souveraineté nationale.

Pour l’initiateur de la D52, la recherche d’une solution politique ne doit pas faire perdre de vue les exigences de paix, de sécurité et d’intégrité territoriale.

Entre ambition citoyenne et résultats attendus

En se réclamant de l’article 52 de la Constitution, la Dynamique patriotique 52 entend donner une traduction citoyenne à la défense de la souveraineté nationale. Son programme annoncé repose sur deux axes : sensibiliser les différentes couches de la population et mener des démarches auprès des acteurs diplomatiques susceptibles de contribuer à l’application de la résolution 2773.

Reste à transformer cette volonté en résultats concrets. L’efficacité de l’initiative dépendra notamment de sa capacité à mobiliser au-delà de son cercle initial, à structurer son plaidoyer et à obtenir des réponses tangibles des institutions sollicitées.

Pour Léonard She Okitundu, le message est clair : la paix ne peut être durable sans respect de l’intégrité territoriale de la RDC et sans mise en œuvre des engagements internationaux. À travers la D52, il entend maintenir ces exigences au cœur du débat public et diplomatique, dans un contexte où la recherche d’une issue durable à la crise dans l’Est demeure un défi majeur pour le pays.

Blessed Kuzola.

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