GLORHIS MS : Quand l’expertise congolaise s’impose dans le secteur minier

En marge de la DRC Mining Week 2026 organisée à Lubumbashi, Geopolis s’est entretenue avec Don Israël Hubert Mbuyi (DIHM), entrepreneur congolais évoluant dans l’industrie minière depuis plus d’une décennie et responsable de GLORHIS Multiservices (GLORHIS MS), entreprise spécialisée dans les services électrotechniques. Manager de formation à ses débuts, il a progressivement construit son parcours dans un secteur longtemps dominé par une expertise étrangère. Parti comme employé avant de créer sa propre entreprise, il fait aujourd’hui partie de cette génération de jeunes entrepreneurs congolais qui misent sur l’expertise locale, le transfert des compétences et la création d’emplois. À travers GLORHIS MS, plusieurs jeunes ont été formés à des métiers spécialisés du secteur minier, certains ayant évolué jusqu’à des postes de supervision. Une dynamique qui traduit la montée progressive d’une expertise congolaise appelée à occuper une place importante dans l’industrie minière nationale.

William Albert Kalengay (WAK) : Pouvez-vous vous présenter et parler de vous ?

Don Israël Hubert Mbuyi (DIHM) : Don Israël Hubert Mbuyi, jeune entrepreneur de la République démocratique du Congo. Je travaille dans l’industrie minière depuis plus de douze ans maintenant. Nous vendons des services électrotechniques avec notre entreprise GLORHIS Multiservices qui est aujourd’hui l’un des piliers de l’exploitation minière.

Pour tous nos partenaires avec lesquels nous travaillons, il n’existe pratiquement pas une tonne de cuivre qui ne porte pas notre marque. Nous faisons le dewatering, nous installons le HDP PAPS dans des mines afin de faciliter l’exploitation minière.

WAK : C’est un travail de précision qui a été rendu possible grâce à l’entrée des jeunes entrepreneurs dans le secteur minier. Comment cela a-t-il commencé ?

DIHM : Ça fait déjà plus de douze ans que je suis dans l’industrie minière. Pour la petite histoire, j’étais moi-même travailleur pour d’autres entreprises et nous faisions déjà ce travail avec des sociétés étrangères, notamment dans certaines mines.

Après, lorsque je me suis lancé dans cette aventure entrepreneuriale, nous avons poursuivi dans le même travail. Avant, ce n’était pas possible. C’était un travail réservé aux expatriés ou aux entreprises dites expertes. Mais aujourd’hui, grâce à l’implication des autorités et à cette ouverture créée, des entreprises comme la nôtre peuvent faire ce travail. Aujourd’hui nous sommes une entreprise experte. Cela fait plusieurs années que nous travaillons dans des mines souterraines. C’est un travail avec beaucoup de pression, mais aujourd’hui un Congolais peut tenir cette pression et continuer à travailler.

WAK : Comment faites-vous pour combler ces déficits ?

DIHM : Quand les gens disent qu’il n’y a pas de compétence au Congo, c’est juste dans leur rêve. Aujourd’hui, pour un entrepreneur aguerri, la compétence s’achète. Si le travail me demande une expertise avérée que je ne possède pas parmi mes équipes, nous faisons appel à des experts expatriés. J’ai recruté un Sud-Africain, j’ai recruté un Français ; ils viennent travailler avec nous au Congo avec un contrat spécifique de transfert de compétences. Tu viens pendant deux ans, je te paye un salaire de patron, mais tu transfères les compétences à mes agents. Aujourd’hui, j’ai des jeunes superviseurs congolais. J’ai un jeune qui n’avait même pas de diplôme d’État, recruté, formé et encadré par notre structure, qui est devenu superviseur.

WAK : La sous-traitance permet certes aux Congolais d’accéder à certains marchés, mais l’idéal serait qu’ils développent eux-mêmes des entreprises de premier plan. Comment voyez-vous cette évolution ?

DIHM : Pourquoi resterons-nous à l’arrière de l’histoire ? Le pétrole du Nigeria a produit des milliardaires, les mines de diamants d’Afrique du Sud ont produit des millionnaires et des milliardaires. Pourquoi le cuivre et le cobalt du Congo ne produiraient-ils pas des millionnaires, si pas des milliardaires ?

Demain, l’idéal est de voir GLORHIS Mining comme une entité pleinement autonome qui produit du cuivre et du cobalt. Il faut que le gouvernement nous soutienne dans ce que nous sommes en train de faire afin que nous ayons suffisamment des contrats.

WAK : Quel message avez-vous apporté ici à la DRC Mining Week ?

DIHM : Nous demandons à tous nos partenaires de nous faire confiance. Nous sommes là. Vous pouvez faire avec nous, nous n’allons pas vous décevoir. Avec efficacité et efficience, nous sommes en mesure de rendre un travail de qualité.

WAK : Le président de la République avait déclaré vouloir voir émerger des millionnaires congolais. N’est-ce pas encore un mythe aujourd’hui ?

DIHM : Non, loin d’être un mythe. Je suis président du Hub 243, j’encadre plus de 200 entreprises et plus de 500 personnes. Je connais des jeunes, partis de rien, sans expérience au départ, qui aujourd’hui gagnent des contrats et avancent.

Chaque jour, on peut créer un millionnaire congolais si tout le monde est sérieux et si chacun joue sa partition. La nôtre, c’est d’avoir de l’expertise et de rendre des travaux de grande qualité à nos partenaires. C’est ainsi qu’ensemble nous pouvons espérer jouir de notre sol et de notre sous-sol.

Propos recueillis par WAK

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