La lutte contre la fraude pétrolière s’intensifie en République démocratique du Congo.Lundi 10 août 2026, à Kinshasa, la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a réuni les différents acteurs du secteur pour renforcer le contrôle des importations et de la commercialisation des produits pétroliers. Une démarche qui vise notamment à réduire les pratiques frauduleuses observées dans plusieurs provinces de l’Est et du Sud-Est du pays.



La fraude pétrolière s’impose de plus en plus comme un défi à la fois économique, fiscal et réglementaire pour la République démocratique du Congo. C’est dans ce contexte que la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présidé, lundi à Kinshasa, une réunion consacrée aux mécanismes de fraude qui entourent l’importation et la commercialisation des produits pétroliers.
Tenue au cabinet de la ministre, cette rencontre a réuni plusieurs administrations publiques et opérateurs du secteur. L’objectif affiché était de dresser un état des lieux de la fraude, d’identifier ses différentes formes et de dégager des pistes permettant d’améliorer les mécanismes de contrôle.
D’après les éléments examinés au cours de la réunion, les provinces de l’Est et du Sud du pays figurent parmi les espaces particulièrement touchés par les pratiques frauduleuses liées aux produits pétroliers. Ces zones, marquées par d’importants mouvements commerciaux et une proximité avec plusieurs frontières, présentent des défis particuliers en matière de contrôle des importations et de circulation des produits.
La multiplicité des intervenants dans la chaîne d’approvisionnement rend également nécessaire une meilleure coordination entre les services de l’État. Du dédouanement à la commercialisation, en passant par le transport et le contrôle de la qualité, chaque maillon constitue un point où peuvent apparaître des irrégularités.
La réunion a ainsi porté sur le constat de la situation, l’identification des cas et types de fraude ainsi que sur les recommandations susceptibles de renforcer les dispositifs de surveillance.
Au-delà de la question du respect des règles, la fraude pétrolière représente un enjeu important pour les finances publiques. Les pratiques frauduleuses peuvent entraîner une diminution des recettes fiscales et douanières attendues de l’importation et de la commercialisation des produits pétroliers.
Elles peuvent également créer une concurrence déloyale entre les opérateurs respectant les procédures et ceux qui contournent les règles. À terme, cette situation est susceptible de perturber le fonctionnement du marché et de fragiliser les mécanismes de régulation du secteur.
Pour les autorités, l’enjeu consiste donc non seulement à sanctionner les pratiques frauduleuses, mais aussi à améliorer la traçabilité des produits et la collaboration entre les différents services chargés du contrôle.
La présence autour de la table des représentants des ministères de l’Économie nationale, des Finances et des Mines traduit la volonté d’apporter une réponse coordonnée à ce phénomène.
La Direction générale des douanes et accises (DGDA), le Fonds national d’entretien routier (FONER), Mamo, l’Office congolais de contrôle (OCC), ainsi que les représentants du secteur pétrolier ont également participé aux échanges. Les chefs de division des Hydrocarbures du Haut-Katanga et du Lualaba ont, eux aussi, pris part à la rencontre.
Cette approche multisectorielle apparaît comme un élément essentiel dans la mesure où la lutte contre la fraude ne relève pas du seul ministère des Hydrocarbures. Elle implique à la fois les services douaniers, fiscaux, techniques et de contrôle, mais aussi les opérateurs privés.
Olivier Okunda, directeur général adjoint de Cobil, René Kisala, directeur des huiles minérales à la DGDA, et Gérard Mulimbi, directeur général de Mamo, ont considéré cette réunion comme une étape importante dans la recherche de réponses concrètes au phénomène.
En réunissant les différents acteurs concernés, le ministère des Hydrocarbures cherche ainsi à passer du simple constat à une meilleure organisation du contrôle. L’identification précise des mécanismes de fraude doit notamment permettre de cibler les points faibles de la chaîne d’approvisionnement et d’améliorer les interventions des services compétents.
Pour la RDC, le défi est double : préserver les recettes publiques tout en garantissant un approvisionnement régulier du marché en produits pétroliers conformes aux normes.
La réunion présidée par Acacia Bandubola marque, dans cette perspective, une nouvelle étape dans la volonté des autorités de renforcer la gouvernance du secteur pétrolier. Reste désormais à traduire les recommandations issues de ces échanges en mesures opérationnelles capables de limiter durablement les pratiques frauduleuses, notamment dans les zones frontalières et les provinces identifiées comme particulièrement exposées.
Heritier Lelo
