Consultations autour de la Constitution : Le C4 se structure face à l’opposition et rallie de nouvelles figures politiques

Le débat autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution en République démocratique du Congo continue de redessiner les rapports de force au sein de la classe politique. À mesure que les consultations politiques se poursuivent à Kinshasa, la dynamique portée par la coalition C4 gagne progressivement du terrain avec l’adhésion de plusieurs personnalités politiques et acteurs de la société civile venus afficher leur soutien aux réformes institutionnelles envisagées.

Depuis le lancement officiel des consultations par Augustin Kabuya Tshilumba, Secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, la permanence du parti présidentiel située à la 11ème rue Limete est devenue un véritable centre d’échanges politiques autour de l’avenir institutionnel du pays. L’objectif affiché consiste à fédérer les forces favorables à une réforme de la Constitution et à renforcer le front politique soutenant les institutions de la République ainsi que le Président Félix Tshisekedi.

Parmi les personnalités reçues figure notamment l’honorable Steve Mbikayi, président du Parti Travailliste (PT). À l’issue de son entretien avec Augustin Kabuya, l’ancien ministre a publiquement exprimé son adhésion à la démarche initiée par l’UDPS/Tshisekedi, affirmant son engagement à accompagner le processus jusqu’à l’adoption éventuelle d’une nouvelle Constitution.

Pour Steve Mbikayi, cette initiative s’inscrit dans une logique démocratique visant à adapter les institutions aux réalités actuelles du pays. Il estime également que la coalition de l’opposition dénommée C64 ne représente pas une menace politique majeure face à la dynamique du C4.

« Nous allons l’accompagner jusqu’à l’aboutissement heureux de l’adoption d’une nouvelle constitution », a-t-il déclaré avant d’ajouter que « C64 ne présente aucun danger face à C4 », tout en appelant à un débat démocratique basé sur les idées et exempt d’injures, d’invectives ou de violences.

Au-delà des acteurs politiques traditionnels, ces consultations attirent également plusieurs personnalités influentes issues de la société civile et d’autres sphères publiques. C’est dans cette perspective que l’évêque Pascal Mukuna a également été reçu dans le cadre de ces échanges politiques, témoignant de l’élargissement progressif du cercle des soutiens à cette initiative.

Dans la même dynamique, Jean Thierry Monsenepwo, ambassadeur du changement de mentalité et Président du Conseil d’administration de COBIL, a officiellement rejoint le C4 à l’issue d’une rencontre avec Augustin Kabuya. Son adhésion vient renforcer cette plateforme présentée par ses initiateurs comme un cadre patriotique destiné à accompagner les réformes institutionnelles et à préserver la stabilité du pays.

Au cours de cette rencontre, Jean Thierry Monsenepwo a insisté sur la nécessité pour la RDC d’adapter son architecture institutionnelle aux défis politiques, sociaux et sécuritaires auxquels le pays demeure confronté. Selon lui, les débats autour de la Constitution doivent être menés dans un esprit républicain et inclusif afin de permettre aux Congolais de définir eux-mêmes les mécanismes capables de répondre efficacement aux réalités nationales.

Le PCA de COBIL considère également le C4 comme un instrument de mobilisation patriotique susceptible de fédérer différentes sensibilités politiques autour des réformes prioritaires pour l’avenir de la République. Il a par ailleurs réaffirmé son soutien au Chef de l’État ainsi qu’aux institutions de la République, tout en plaidant pour le renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Ces consultations interviennent dans un contexte politique particulièrement animé où les discussions autour de l’avenir institutionnel du pays occupent désormais une place centrale dans le débat public. Entre partisans de la révision constitutionnelle et défenseurs du statu quo, les positions se multiplient au sein de la classe politique congolaise, traduisant l’importance stratégique de cette question pour l’avenir de la RDC.

À travers les différentes adhésions enregistrées ces derniers jours, la coalition C4 semble vouloir se positionner comme un large rassemblement politique favorable aux réformes institutionnelles et déterminé à faire face au bloc de l’opposition incarné notamment par le C64. Reste désormais à savoir si ces consultations aboutiront à un véritable consensus national autour de la question constitutionnelle, sujet qui continue de polariser les débats politiques dans le pays.

Héritier Lelo

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