Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a ordonné le retrait immédiat de tous les militaires présents illégalement sur les sites d’exploitation minière à travers le territoire national. Cette décision a été prise lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 10 juillet 2026 et s’inscrit dans la volonté du chef de l’État d’assainir le secteur extractif, de renforcer la gouvernance des ressources naturelles et de restaurer l’autorité de l’État.
Selon les autorités, la présence de certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans des zones d’exploitation minière est incompatible avec leur mission régalienne. Depuis plusieurs années, cette situation alimente de nombreuses critiques de la part des organisations de la société civile, des acteurs du secteur minier et des partenaires internationaux, qui dénoncent des pratiques favorisant l’exploitation illégale des minerais, la contrebande et les réseaux de trafic.
Pour le président Félix Tshisekedi, les FARDC doivent se consacrer exclusivement à leur mission constitutionnelle : défendre l’intégrité territoriale, protéger les populations et faire face aux groupes armés qui continuent d’entretenir l’insécurité, particulièrement dans les provinces de l’Est de la RDC. Dans ce contexte marqué par la persistance des violences et des défis sécuritaires, la mobilisation des forces de défense doit être orientée vers la protection du territoire national plutôt que vers des activités économiques.
Le chef de l’État a ainsi instruit le gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer l’exécution effective de cette mesure. Les ministères concernés, en collaboration avec la hiérarchie militaire et les services spécialisés, sont appelés à renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance autour des sites miniers afin d’empêcher toute réinstallation illégale de militaires ou de réseaux impliqués dans l’exploitation frauduleuse des ressources minières.
Cette décision intervient dans un contexte où les autorités multiplient les réformes destinées à améliorer la transparence dans la gestion des ressources naturelles, un secteur qui constitue l’un des principaux piliers de l’économie congolaise mais qui demeure confronté à de nombreux défis liés à la fraude, à la corruption et à l’exploitation illicite des minerais stratégiques.
Reste désormais à savoir si cette instruction présidentielle sera appliquée avec la rigueur nécessaire sur l’ensemble du territoire. Son efficacité dépendra de la capacité du gouvernement à assurer un suivi permanent, à sanctionner les contrevenants et à restaurer durablement la discipline au sein des forces de défense, tout en renforçant la gouvernance du secteur minier au bénéfice de l’État et des populations congolaises.
Heritier Lelo
