L’assassinat du professeur Mathieu Abata Diabansono survenu dans la nuit du 7 au 8 janvier à son domicile, continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire de Kinshasa. Ce drame, qui met une nouvelle fois en lumière la question de l’insécurité autour des sites universitaires, a été au centre d’une rencontre entre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, et une délégation de l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), reçue le dimanche 11 janvier 2026.



Conduite par son président, le professeur David Lubo, la délégation est venue exprimer les préoccupations des enseignants, notamment sur la sécurité du campus de l’Unikin, de la cité des professeurs et des quartiers environnants. À l’issue de l’audience, l’APUKIN a salué l’écoute du ministre et les assurances données quant au renforcement des dispositifs sécuritaires dans ces zones.
Selon le professeur Lubo, le VPM de l’Intérieur a répondu aux principales inquiétudes soulevées par les enseignants, appelant à un recueillement « digne et académique » en mémoire de leur collègue disparu. Ces engagements ont conduit l’association à suspendre le sit-in qui était initialement prévu le lundi 12 janvier devant le cabinet du ministre, une décision qui illustre la volonté des professeurs de privilégier le dialogue institutionnel.
Toutefois, cette suspension intervient dans un contexte où les promesses de renforcement sécuritaire ont souvent été formulées sans toujours produire des effets durables sur le terrain. L’initiative d’organiser un culte commémoratif en présence du VPM, annoncée comme un geste d’apaisement, a été perçue par certains observateurs comme un symbole de compassion, mais insuffisant au regard des enjeux structurels de sécurité auxquels sont confrontés les universitaires.
Le rappel, par le président de l’APUKIN, des liens personnels du ministre avec le milieu académique, fils d’enseignant et ancien résident du plateau universitaire, a également été mis en avant pour expliquer sa sensibilité face à ce drame. Un argument qui, s’il humanise la réaction du responsable politique, n’efface pas les attentes concrètes de la communauté universitaire en matière de protection et de prévention des crimes.
Sur le plan judiciaire, les autorités indiquent qu’un suspect a déjà été interpellé dans le cadre de l’enquête ouverte après l’assassinat du professeur Abata. Les services de sécurité affirment poursuivre les investigations afin d’identifier et d’arrêter tous les auteurs de ce crime.
Reste désormais à savoir si les engagements pris par le ministère de l’Intérieur se traduiront par des mesures effectives et durables sur le terrain, au-delà des déclarations et des gestes symboliques, afin d’éviter que ce drame ne rejoigne la longue liste des violences restées sans réponses structurelles.
Don Momat
