À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les armes légères, célébrée ce 09 juillet 2026, la question de la circulation illicite des armes et de ses conséquences sur la sécurité revient au cœur des préoccupations en République démocratique du Congo. Face à la recrudescence des braquages et des violences armées à Kinshasa, l’expert en sécurité Maître Eli Shamba propose une série de réformes visant à renforcer la prévention, améliorer la coordination des interventions et restaurer la confiance des citoyens envers les forces de sécurité.
En République démocratique du Congo, cette problématique demeure particulièrement préoccupante. À Kinshasa, la recrudescence des braquages, des vols à main armée et d’autres actes de criminalité impliquant des individus armés entretient un climat d’insécurité qui inquiète de plus en plus les habitants de la capitale.
Face à cette situation, l’expert en sécurité Maître Eli Shamba estime qu’une réponse efficace passe par un renforcement des dispositifs de prévention, de surveillance et de contrôle. Il propose notamment la création d’une chambre des opérations chargée de coordonner les interventions sécuritaires ainsi que l’installation de caméras de vidéosurveillance aux principaux carrefours de Kinshasa afin d’améliorer la prévention et l’identification des auteurs d’infractions.
L’expert plaide également pour la mise en place d’une unité spéciale d’intervention dédiée à la ville de Kinshasa. Selon lui, l’affectation de policiers au sein des sociétés de gardiennage pourrait contribuer à renforcer la dissuasion et à améliorer la collaboration entre les services publics et les acteurs privés de la sécurité.
Parmi les autres recommandations figurent un contrôle plus strict du port d’armes par les membres des forces de défense et de sécurité. Maître Eli Shamba suggère notamment d’interdire aux militaires et policiers vivant hors des camps de porter leurs armes en dehors des missions officielles. Il préconise également que les militaires et policiers résidant dans les camps ne puissent quitter ces derniers après 20 heures, sauf en cas de service, ainsi qu’une identification systématique des agents vivant hors des camps militaires.
L’expert recommande en outre l’identification des nouveaux agents du Service national en provenance du Grand Katanga, avec la possibilité de constituer une unité spécialisée à partir de ces effectifs. Il insiste également sur l’identification des sous-commissariats de police, le renforcement des effectifs et la mutation des militaires et policiers ayant servi plus de quinze ans dans la ville de Kinshasa, afin d’éviter une trop longue permanence dans les mêmes postes.
En cette Journée mondiale de lutte contre les armes légères, le défi pour la République démocratique du Congo ne se limite pas à la destruction des armes saisies. Il consiste également à empêcher leur circulation illicite, à renforcer la gouvernance du secteur de la sécurité et à restaurer la confiance de la population envers les institutions chargées de protéger les citoyens. Les propositions formulées par Maître Eli Shamba alimentent ainsi le débat sur les réformes susceptibles d’améliorer durablement la sécurité dans la capitale congolaise.
Heritier Lelo
