La République démocratique du Congo veut transformer son immense capital naturel en véritable levier de développement économique. Eau, forêts, biodiversité et marchés carbone constituent les principaux axes d’une série de réformes présentées mardi à Kinshasa par la ministre de l’Environnement et Développement durable, Marie Nyange, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

L’un des projets phares du gouvernement est la création d’un Office congolais de l’eau, appelé à structurer la gestion des ressources hydriques et à développer une véritable économie bleue.
« Nous allons travailler sur des stratégies pour que l’eau de la RDC procure des revenus à la République afin de contribuer au développement du pays », a déclaré Marie Nyange.
Avec près de 52 % des ressources en eaux douces de surface de l’Afrique, la RDC entend mieux valoriser ce patrimoine naturel, longtemps sous-exploité, afin d’attirer des investissements et de générer de nouvelles recettes.
La réforme concerne également le secteur forestier. La ministre a annoncé que la première politique forestière de la RDC est finalisée et attend son adoption par le gouvernement. En parallèle, le futur Code forestier poursuit son élaboration à travers des consultations organisées dans les provinces avec les différentes parties prenantes.
Le gouvernement mise aussi sur les forêts, les tourbières et les autres puits de carbone pour accroître les revenus issus des mécanismes internationaux de financement climatique, notamment le marché des crédits carbone. Avec plus de 150 millions d’hectares de forêts dans le bassin du Congo, le pays ambitionne de consolider son statut de « pays solution » face aux défis climatiques mondiaux.
Dans cette dynamique s’inscrit également le projet du Couloir vert Kivu-Kinshasa, une aire protégée communautaire de près de 540 000 km², destinée à concilier conservation de la biodiversité, développement des infrastructures et amélioration des conditions de vie des populations locales. Marie Nyange a invité les opérateurs économiques congolais à investir dans cette initiative, assurant que des mécanismes de réduction des risques sont en préparation avec l’appui de partenaires internationaux.
La ministre a, en outre, rappelé que la RDC demeure une référence africaine en matière de conservation, citant le centenaire du Parc national des Virunga, première aire protégée du continent.
Évoquant enfin l’échouage d’une baleine sur les côtes de Moanda, dans la province du Kongo Central, Marie Nyange a qualifié cet événement de phénomène exceptionnel. Elle a indiqué que le cétacé a été enfoui après son décès, estimant qu’il s’était probablement désorienté avant de s’échouer sur le rivage. Le gouvernement entend renforcer les capacités matérielles et en ressources humaines afin de mieux gérer ce type de situation à l’avenir.
Patrick Ilunga
