Sud-Kivu : Human Rights Watch dénonce des entraves à l’aide humanitaire et des abus dans les Hauts Plateaux

Dans un nouveau communiqué, l’organisation Human Rights Watch alerte sur une détérioration grave de la situation humanitaire et sécuritaire dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu. Dans cette zone du pays les combats entre forces gouvernementales et groupes armés bloquent l’accès à l’aide et empêchent les civils de fuir, selon Human Right watch.

L’ONG pointe du doigt toutes les parties aux combats, dénonçant les violations du droit international humanitaire, notamment des restrictions de mouvement, des arrestations arbitraires et des extorsions.

Human Rights Watch affirme que les combats ont gravement perturbé l’accès humanitaire dans les zones de Fizi, Mwenga et Uvira, déjà isolées et difficiles d’accès depuis le retrait de la MONUSCO en 2024. L’organisation souligne que les civils vivent dans la peur permanente des attaques et des représailles.
« Les civils des hauts plateaux du Sud-Kivu sont confrontés à une grave crise humanitaire et vivent dans la crainte d’exactions commises par toutes les parties », lit-on dans le communiqué

Le document de l’ONG fait état de plusieurs frappes de drones entre janvier et mars 2026, ayant touché des zones habitées, notamment près de Fizi. Parmi les victimes figurent un homme de 86 ans et un adolescent de 14 ans.

HRW indique n’avoir pas confirmé l’ensemble de ces informations auprès des autorités et responsables, mais estime que les attaques pourraient impliquer les forces gouvernementales ou leurs alliés. L’ONG précise avoir sollicité des explications auprès de l’armée congolaise, sans réponse.
Des infrastructures civiles auraient également été touchées, notamment une station de radio communautaire et une église.

Accusations contre les groupes armés

Le rapport accuse également les Twirwaneho de recrutements forcés et de restrictions imposées aux civils, notamment l’obligation de fournir des combattants ou de payer des compensations.
Dans les zones contrôlées par les Wazalendo, des témoignages font état de barrages routiers, d’extorsions et de détentions arbitraires.

Un habitant cité par HRW décrit une situation de taxation illégale systématique : « De Baraka à Fizi, il y a plus de dix barrages installés… à chaque passage, il faut payer. »

Human Rights Watch appelle le Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit examiner la situation du Congo, à exiger un accès humanitaire sans entrave et à envisager des sanctions contre les responsables de violations.
L’organisation estime également que les autorités congolaises doivent enquêter et poursuivre les auteurs de crimes graves, qu’ils appartiennent aux forces régulières ou aux groupes armés.

Enfin, HRW suggère un possible retour d’une mission renforcée de l’ONU pour surveiller la situation et soutenir un cessez-le-feu fragile.

Patrick Ilunga

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