Proposition de modification de la Loi de 2011 relative aux finances publiques : ‎La RDC à la recherche des moyens budgétaires supplémentaires

‎La proposition de modification de la Loi de 2011 relative aux finances publiques continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et des milieux économiques en République démocratique du Congo (RDC). Initiée par le député national Flory Mapamboli, cette réforme vise à permettre à l’État congolais d’emprunter auprès des banques commerciales locales afin de diversifier ses sources de financement.

‎Pour les défenseurs de cette initiative, cette ouverture pourrait offrir à la RDC des moyens supplémentaires pour financer des investissements stratégiques, notamment dans les infrastructures, l’agriculture et les projets de développement. Cependant, la proposition ne fait pas l’unanimité.

‎Plusieurs observateurs estiment que le principal défi ne réside pas uniquement dans la capacité de l’État à mobiliser davantage de ressources financières, mais surtout dans la gestion des fonds déjà disponibles. La RDC dispose déjà de recettes importantes issues du secteur minier, particulièrement du cuivre et du cobalt, ainsi que des appuis financiers des partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international (FMI). À cela s’ajoute l’émission récente d’un eurobond estimé à 1,25 milliard de dollars américains sur les marchés internationaux.

‎Pour certains économistes, avant d’augmenter le niveau d’endettement du pays, il serait nécessaire de renforcer les mécanismes de transparence, de contrôle et d’efficacité dans l’exécution des dépenses publiques.

‎L’économiste Matthieu Takisala estime néanmoins que l’État, en tant qu’agent économique, doit pouvoir accéder aux financements bancaires comme tout autre acteur économique.

‎« L’État est un agent économique. Tout agent économique peut travailler avec des partenaires financiers et on ne peut pas priver l’État de ce droit. », explique-t-il.

‎Selon lui, la question essentielle concerne surtout l’affectation des fonds empruntés.

‎« On ne risque pas de tomber dans le surendettement si les emprunts sont orientés vers les investissements. Le problème se pose lorsque les fonds sont utilisés pour des dépenses de consommation ou de prestige.», ajoute-t-il.

‎Entre besoin de financement du développement et crainte d’un endettement excessif, le débat autour de cette réforme continue d’alimenter les discussions en RDC.

‎Daniella Kalala

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