Washington : Judith Suminwa défend des interventions ciblées alignées sur les priorités nationales

En déplacement aux États-Unis dans le cadre des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a intensifié ses activités diplomatiques et économiques. Entre rencontres bilatérales et séances de travail multilatérales, la cheffe du gouvernement met en avant une stratégie axée sur des interventions ciblées, en adéquation avec les priorités nationales.

Jeudi, elle s’est entretenue avec Diame Diop, vice-président de Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est et australe. La réunion a porté sur le renforcement du partenariat stratégique et l’état d’avancement des réformes soutenues par les appuis budgétaires.

Autour de la Première ministre, plusieurs membres du gouvernement congolais ont pris part aux discussions, notamment les ministres des Finances, du Portefeuille, des Infrastructures et Travaux publics, du Commerce extérieur, ainsi que le vice-ministre du Budget, accompagnés d’experts sectoriels.

Dès l’ouverture des échanges, Judith Suminwa a plaidé pour un partenariat renouvelé avec la Banque mondiale, davantage aligné sur les priorités définies par Kinshasa. L’accent a été mis sur la nécessité de consolider les acquis et d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants.

Parmi les axes prioritaires évoqués figurent le développement des infrastructures, le projet Inga, la diversification économique et la formation des jeunes. La mobilisation des investissements privés a également été présentée comme un levier essentiel pour soutenir la transformation économique du pays.

Les discussions ont mis en lumière le rôle du corridor de Lobito, perçu comme un vecteur clé d’intégration régionale. Le gouvernement congolais insiste toutefois sur une approche intégrée, reliant ce projet aux infrastructures nationales, notamment routières, fluviales et aériennes.

Les échanges ont également porté sur le programme d’appui budgétaire, en particulier les opérations de politique de développement (DPO), destinées à accompagner les réformes structurelles.

Concernant la première phase (DPO 1), des progrès ont été enregistrés, bien que certaines mesures restent en suspens, notamment la déclaration de patrimoine des agents publics et la mise en place d’un processus transparent de recrutement des dirigeants des entreprises publiques.

Pour la deuxième phase (DPO 2), des avancées ont été notées, notamment la création d’un comité de gestion du plan de trésorerie et l’adoption d’une loi relative au projet Inga. D’autres réformes restent toutefois en cours, notamment dans les domaines des marchés publics, de la lutte contre la corruption et de la gouvernance des entreprises publiques.

De son côté, le vice-président de la Banque mondiale a salué les efforts engagés tout en appelant à une meilleure coordination des interventions. L’objectif, selon lui, est d’éviter la dispersion des appuis et d’accroître leur efficacité dans la mise en œuvre des réformes.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les réformes jugées prioritaires, notamment en matière de transparence et de gestion des finances publiques, avec des objectifs fixés à l’horizon 2027.

En marge de cette rencontre, Judith Suminwa a également échangé avec Harold Tavares, directeur exécutif pour le groupe Afrique II au conseil d’administration de la Banque mondiale, autour des perspectives de coopération et du soutien aux réformes engagées par le gouvernement congolais.

Don Momat

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