” C64 ” au cœur des tensions politiques : ‎La majorité monte au créneau

Le climat politique se tend davantage en République démocratique du Congo après le lancement officiel de la Coalition Article 64 (C64) à Kinshasa. Cette nouvelle plateforme politique, portée par plusieurs figures de l’opposition et des acteurs de la société civile, continue de susciter de vives réactions au sein du camp présidentiel. Parmi les voix les plus critiques figurent celles de Jean Thierry Monsenepwo et d’Amisi Makutano, PCA de l’OGEFREM (Office de gestion du fret multimodal), qui dénoncent une initiative qu’ils jugent sans véritable ancrage populaire.


‎Dans une lettre ouverte adressée au peuple congolais, Jean Thierry Monsenepwo s’est montré particulièrement virulent envers les animateurs de la coalition. Il considère la C64 non pas comme une structure capable d’incarner les aspirations du peuple congolais, mais plutôt comme un regroupement d’acteurs politiques en perte d’influence cherchant à retrouver une place sur la scène nationale.

Monsenepwo‎ s’en est notamment pris à Moïse Katumbi, rappelant les résultats de la présidentielle de 2023 pour soutenir l’idée que l’ancien gouverneur du Katanga aurait déjà été désavoué par les électeurs. Selon lui, cette contre-performance électorale affaiblit considérablement sa prétention à représenter une alternative crédible au pouvoir en place.

‎Delly Sesanga n’a pas non plus échappé aux critiques. Jean Thierry Monsenepwo estime que le leader politique occupe davantage l’espace médiatique qu’il ne dispose d’une véritable base électorale capable d’influencer durablement le débat national. Une lecture qui traduit la volonté du camp présidentiel de minimiser l’impact politique de cette nouvelle coalition.

‎Dans le même élan, Amisi Makutano, président du conseil d’administration de l’Office de gestion du fret multimodal, a lui aussi vivement réagi à la naissance de la C64. Dans une déclaration à forte portée politique, il a défendu le fonctionnement démocratique sous le président Félix Tshisekedi, affirmant que l’existence même de cette coalition constitue la preuve que la liberté d’expression et le pluralisme politique sont garantis en RDC.

‎« Nous constatons aujourd’hui que la démocratie fonctionne en RDC. Chacun peut exprimer ses opinions et créer des plateformes politiques, mais cela ne signifie pas forcément qu’elles auront un impact réel sur la population », a-t-il déclaré.

‎Revenant sur l’interprétation de l’article 64 de la Constitution, Amisi Makutano estime que certains opposants se limitent à une lecture partielle et superficielle du texte constitutionnel. Selon lui, cette disposition doit être comprise dans l’ensemble de ses implications juridiques et institutionnelles, et non utilisée comme simple instrument de mobilisation politique.

‎Le PCA de l’OGFREM affirme également que la jeunesse de l’UDPS ainsi que les militants acquis à la vision du chef de l’État demeurent mobilisés pour défendre les institutions républicaines dans le strict respect de la Constitution.

‎Très offensif envers les initiateurs de la coalition, Amisi Makutano les qualifie de responsables politiques « fatigués » et « en manque de confiance », estimant qu’ils peinent à proposer un véritable projet alternatif pour le pays. Il reconnaît néanmoins que leur liberté de s’exprimer illustre l’existence d’un espace démocratique effectif sous le régime actuel.

‎« Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le temps des discours. La population attend des actes concrets et des preuves de capacité à gouverner », a-t-il conclu, dans une critique à peine voilée des figures de l’opposition réunies autour de la C64.

‎Le lancement de cette coalition au Collège Boboto, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par des rivalités persistantes entre majorité et opposition à l’approche des prochaines échéances politiques. À travers ces prises de position successives, la bataille politique autour de la légitimité, de la gouvernance et de l’interprétation des textes constitutionnels semble désormais pleinement engagée.

‎Heritier Lelo

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