Paix dans l’Est de la RDC : Tshisekedi-Kagame à la maison blanche ce 4 décembre ?

Sauf changement de dernières heures, les Présidents Congolais Félix-Antoine Tshisekedi et Rwandais Paul Kagame devraient faire le déplacement de Washington cette semaine pour y rencontrer leur homologue Américain, Donald J. Trump dans le cadre de la poursuite du processus de paix entre les deux voisins dont le point d’orgue était la signature d’un accord le 27 juin dernier.

À Washington, c’est un moment diplomatique aux enjeux cruciaux qui se profilent. Les sources sont formelles, l’événement a lieu ce 4 décembre. Cette rencontre vise à ratifier un accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda entérinant ainsi un texte signé en juin dernier par les ministres des Affaires étrangères des deux pays.

Kinshasa et Kigali, un accord de paix sous haute tension ?

C’est le moins que l’on puisse dire. L’entente de juin promettait d’apaiser les tensions dans l’Est de la RDC, ravagé depuis des mois par les combats entre les FARDC, l’armée congolaise et le groupe rebelle Alliance Fleuve Congo/M23, accusé d’être soutenu par Kigali. Malgré la signature du document, la situation militaire reste dramatique : les positions du M23 n’ont pas été entièrement reconquises, et le retrait des forces rwandaises tel qu’avait été exigé par Kinshasa n’est pas encore effectif, en tout cas, pas de l’avis du Gouvernement de la RDC.

Nonobstant ces blocages, les États-Unis dont le Président avait de la crise congolaise l’une des priorités de la politique étrangère de son pays  dans la région des Grands Lacs semblent faire son maximum pour que les deux protagonistes puissent sceller un accord final. Pour l’Administration Trump, ce sommet est plus qu’un coup diplomatique : c’est le moyen de stabiliser une région stratégique, riche en minéraux essentiels et vulnérable à des conflits récurrents. Washington qui s’apprête à conclure un accord minier avec Kinshasa, voudrait s’assurer que ses investissements potentiels dans le pays puissent prospérer dans un climat de paix.

Souveraineté, fil rouge de Félix Tshisekedi

Au-delà des pourparlers de Doha entre la rébellion et le Gouvernement congolais sanctionnés  dorénavant par la signature d’un accord cadre, Kinshasa a pris soin de tracer sa ligne. Via son porte-parole, le Gouvernement congolais a affirmé que tout voyage du Président Tshisekedi à Washington sera conditionné par un retrait préalable des troupes rwandaises. Le président lui-même a réitéré qu’aucune intégration massive des combattants rebelles dans les Forces Armées Nationales n’est envisageable excluant toute forme de « brassage » ou « mixage » de soldats.

Pour certains observateurs, ce sommet pourrait marquer le début d’un tournant diplomatique. Pour d’autres, il symbolise un pari risqué : comment garantir la paix quand, sur le terrain, les armes continuent de parler ? C’est la grande interrogation mais pour certaines familières des procédures de paix parrainées par Washington, le pragmatisme américain peut faire bouger les lignes une fois que les deux Chefs d’Etat auront franchi le portillon de la maison blanche. De ce fait, le 4 décembre devient une date lourde d’espoirs et d’incertitudes. Tshisekedi, Kagame et Trump vont-ils tenter de transformer un accord signé le 27 juin en une promesse crédible de paix.

Au-delà des signatures, ce sommet devra convaincre sur le terrain notamment avec retrait des troupes rwandaises, le démantèlement des réseaux rebelles, la garantie de la souveraineté congolaise, et la réelle ouverture à la coopération régionale. Mais pour beaucoup de Congolais, la question reste la même : les mots suffiront-ils, ou faudra-t-il des actes pour changer durablement la donne ?

Outre Washington, d’autres voient s’élèvent pour la conclusion d’un accord formel de paix à Doha et l’ouverture d’un dialogue national afin de donner véritable sa chance à une paix globale. Pour l’heure, aucune hypothèse n’est exclue par Kinshasa qui voudrait définitivement tourner cette page sombre de l’histoire du pays afin de poursuivre l’œuvre du développement de la Nation particulièrement dans cette partie de la République où des investissements massifs sont envisagés dès la fin de la guerre.

José-Junior OWAWA

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