Vente des syllabus : Les enseignants dénoncent un faux débat et réclament de meilleures conditions de travail

La décision d’interdire la vente des syllabus dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Présentée par le gouvernement comme une mesure destinée à mettre fin à des pratiques jugées abusives, elle est vivement contestée par une partie du corps enseignant, qui estime que le véritable problème réside dans la précarité de ses conditions de travail.

Pour les enseignants, le syllabus demeure avant tout un outil pédagogique indispensable. Utilisé dans les universités à travers le monde, il permet aux étudiants de disposer d’un support de cours structuré. Ils reconnaissent que certains enseignants ont transformé sa vente en source de revenus, mais considèrent que cette situation est la conséquence directe de la faiblesse de leurs rémunérations et du non-respect des engagements pris à leur égard.

Au-delà de la question des syllabus, les enseignants remettent sur la table leurs principales revendications. Ils dénoncent une baisse de leur rémunération par rapport aux promesses initiales, réclament le paiement de leurs arriérés de salaire et attendent toujours la concrétisation des mesures sociales annoncées, notamment la mise à disposition de véhicules de service pour les enseignants.

Cette controverse relance le débat sur le financement de l’enseignement supérieur en RDC. Si les autorités entendent protéger les étudiants contre des frais jugés excessifs, les enseignants appellent à des réformes plus profondes afin de garantir des conditions de travail dignes et une meilleure qualité de l’enseignement. Plusieurs acteurs plaident désormais pour un dialogue entre le gouvernement, les responsables des établissements et les représentants des enseignants afin de parvenir à une solution équilibrée et durable.

Heritier Lelo

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