Sud-Kivu : Les FARDC annoncent la sécurisation de Makobola 1 et 2

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé, ce dimanche, 28 décembre 2025 avoir repris le contrôle total des localités de Makobola 1, Makobola 2 ainsi que de leurs environs, dans la province du Sud-Kivu, après des opérations militaires menées contre des groupes armés actifs dans la zone.

Dans un communiqué officiel, l’état-major des FARDC indique que ses unités ont « chassé la coalition terroriste AFC/M23 ainsi que les Forces de défense rwandaises (RDF) », accusées par Kinshasa de soutenir les groupes armés opérant dans l’Est du pays et de se rendre responsables de violations répétées des accords de cessez-le-feu en vigueur.

“Les FARDC demeurent pleinement engagées dans la défense de l’intégrité territoriale de la RDC et dans la protection des populations civiles”, précise le communiqué.

Des affrontements toujours en cours dans le territoire d’Uvira

Si la situation est présentée comme stabilisée à Makobola, les combats se poursuivent dans plusieurs zones du territoire d’Uvira et de ses environs, selon des sources locales et sécuritaires. Des affrontements opposeraient encore les FARDC aux combattants du M23 et à leurs alliés présumés dans certaines zones rurales situées au nord et à l’est de la ville d’Uvira, ainsi que le long de certains axes stratégiques reliant Uvira à Fizi et à la frontière burundaise.

Ces combats sont signalés notamment dans des zones de collines et de forêts difficilement accessibles, ce qui complique les opérations militaires et favorise des mouvements de repli et de contre-attaque des groupes armés.

Une zone stratégique longtemps instable

Makobola et l’ensemble du territoire d’Uvira se situent dans une région marquée depuis plusieurs années par une forte instabilité sécuritaire, alimentée par la présence de multiples groupes armés locaux et étrangers, des conflits fonciers, ainsi que par des tensions régionales récurrentes entre la RDC et ses voisins, notamment le Rwanda.

Depuis la résurgence du M23 fin 2021, appuyé selon les autorités congolaises par Kigali — ce que le Rwanda dément — plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont été le théâtre d’affrontements récurrents, de déplacements massifs de populations civiles et de violations graves des droits humains, documentées notamment par des agences onusiennes et des ONG internationales.

Une crise humanitaire qui s’aggrave

Selon les Nations unies, l’Est de la RDC compte aujourd’hui plusieurs millions de déplacés internes, fuyant les violences armées, les pillages et les combats entre groupes armés et forces régulières. Les affrontements en cours dans la zone d’Uvira ont provoqué de nouveaux déplacements vers la ville d’Uvira, le territoire de Fizi et parfois vers le Burundi voisin.

L’accès à l’aide humanitaire reste limité dans plusieurs localités en raison de l’insécurité, de l’état des routes et de la présence de groupes armés, compliquant l’assistance aux populations vulnérables.

Entre opérations militaires et efforts diplomatiques

Parallèlement aux opérations sur le terrain, la RDC est engagée dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales visant à obtenir un désengagement des groupes armés étrangers et une désescalade durable. Ces efforts incluent les processus de Nairobi, de Luanda et les discussions sous médiation internationale, dont l’efficacité reste toutefois inégale sur le terrain.

Si l’annonce de la sécurisation de Makobola constitue un signal positif pour les autorités congolaises, de nombreux observateurs soulignent que la stabilisation durable de l’Est du pays dépendra autant de solutions politiques et régionales que de succès militaires ponctuels.

José-Junior OWAWA

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