Souvenir : 30 ans après l’assassinat de Mgr Munzihirwa, Denis Mukwege réclame justice et dignité

Trente ans après l’assassinat de Monseigneur Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, ancien archevêque de Bukavu, le souvenir de son engagement continue de marquer la mémoire collective congolaise. À l’occasion de cette commémoration, célébrée le 29 octobre 2026, le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, appelle les Congolais à poursuivre le combat pour la justice, la dignité humaine et la liberté.

Dans un message commémoratif, le célèbre gynécologue revient sur le courage de ce prélat catholique, assassiné le 29 octobre 1996, en pleine progression des troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu. Selon les éléments rapportés par le prix Nobel, Mgr Munzihirwa avait refusé de céder à la peur et encouragé la population à rester unie face à l’insécurité qui gagnait la ville.

Denis Mukwege résume ces trois décennies par une formule lourde de sens : « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité, 30 ans de trop ». Il dénonce particulièrement l’absence de justice autour de cet assassinat et estime que ce crime visait à traumatiser la population pour mieux l’assujettir.

Au-delà de l’hommage rendu à l’ancien archevêque de Bukavu, le prix Nobel établit un lien entre les violences de 1996 et la persistance de l’instabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il rappelle notamment les conclusions du rapport Mapping des Nations unies, qui documente de graves violations des droits humains commises sur le territoire congolais entre 1993 et 2003.

Pour Denis Mukwege, la mémoire de Mgr Munzihirwa et celle des millions de Congolais victimes des violences depuis 1996 doivent constituer un appel à la mobilisation collective. Il invite ainsi la population à poursuivre la lutte pour recouvrer sa dignité et sa liberté, tout en plaidant pour l’unité nationale, la justice et la restauration d’une paix durable en RDC.

L’enjeu dépasse donc le devoir de mémoire : trente ans après, la question de la justice pour les victimes et de la fin des violences dans l’Est du pays demeure au cœur des préoccupations.

Héritier Lelo

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