Sortie de la liste grise du GAFI : l’ARCA félicitée, Alain Kaninda à la conduite d’une réforme de fond

En félicitant l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances pour sa contribution au retrait de la RDC de la liste grise du GAFI, la Primature reconnaît un travail de plusieurs années. Sous la direction d’Alain Kaninda Ngalula, avec l’appui du Conseil d’administration et l’engagement de ses équipes, l’ARCA a renforcé son cadre réglementaire, développé les contrôles et exercé son pouvoir de sanction. Une contribution sectorielle à une réussite nationale.

Le succès national porte aussi la marque du régulateur des assurances. Dans sa communication saluant le retrait de la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière, la Primature a expressément félicité l’ARCA parmi les institutions ayant contribué à ce résultat. Cette reconnaissance souligne la dimension collective d’un processus mobilisant notamment les ministères des Finances et de la Justice, la CENAREF, la Banque centrale du Congo et les autorités judiciaires.

La décision du 30 octobre 2026 clôt une période de surveillance renforcée ouverte en 2022. Elle récompense les progrès accomplis dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive.

Pour comprendre la place de l’ARCA dans cette avancée, il faut regarder les transformations réalisées au sein de l’institution et du marché qu’elle supervise. La note d’information de novembre 2026 transmise à la rédaction en détaille les étapes et permet d’éclairer le rôle de sa direction générale.

Une feuille de route traduite en capacités de contrôle

Les engagements confiés à l’ARCA concernaient deux exigences essentielles : l’efficacité de la supervision et l’application des mesures préventives par les opérateurs d’assurance.

Selon cette note, l’institution a créé une structure spécialisée en matière de lutte contre les flux financiers illicites. Initialement portée par un contrôleur dédié, avec l’appui des contrôleurs prudentiels, celle-ci a été renforcée en 2025 par un agent supplémentaire. Des ressources financières spécifiques ont également été mobilisées.

Ce socle institutionnel a été accompagné de formations, d’ateliers, d’audits techniques et de missions d’immersion auprès de régulateurs homologues. L’objectif était de doter les équipes des compétences nécessaires pour identifier les vulnérabilités et adapter les contrôles aux risques.

Cette démarche s’inscrit dans une coopération documentée avec la CENAREF. Dès février 2024, Alain Kaninda avait personnellement participé au lancement d’un atelier de renforcement des capacités des contrôleurs de l’ARCA.

Des règles aux sanctions

L’un des apports majeurs de l’ARCA réside dans la construction d’un cadre réglementaire propre au secteur des assurances.

La note fait état de sa participation à l’élaboration de la loi du 27 décembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment et les financements illicites. Elle recense ensuite quatre règlements sectoriels adoptés entre 2023 et 2026, couvrant les obligations des opérateurs, les questionnaires annuels, la vigilance à l’égard de la clientèle et le barème des amendes.

Des manuels et outils de supervision ont complété ce dispositif, ainsi qu’une évaluation des risques du secteur et une contribution à l’Évaluation nationale des risques.

La portée de cette évolution se mesure surtout dans l’exercice du contrôle. D’après les données communiquées, les contrôles sur pièces et sur place des sociétés d’assurance Vie ont été entièrement réalisés. Dans le segment Non-Vie, cinq sociétés ont fait l’objet d’un contrôle sur place, les opérations se poursuivant auprès des autres acteurs concernés.

Les insuffisances constatées ont donné lieu à des plans de remédiation et à des mesures administratives. La note mentionne également trois sociétés sanctionnées : deux par des sanctions pécuniaires et une par une sanction non pécuniaire.

Ces éléments témoignent du passage à une supervision assortie de conséquences pour les opérateurs défaillants. L’enjeu est désormais de documenter durablement les corrections obtenues et leur effet sur les pratiques du marché.

Alain Kaninda, une implication personnelle dans le dossier

Dans cette trajectoire, le leadership d’Alain Kaninda se lit dans la continuité de l’engagement et dans sa participation directe aux étapes du processus.

Le 27 avril 2026, à Swakopmund, en Namibie, le directeur général de l’ARCA a défendu devant les évaluateurs du GAFI l’engagement de son institution à maintenir une supervision fondée sur les risques. Il a également insisté sur les moyens humains, financiers et matériels nécessaires à sa pérennité.

Selon la note transmise, l’ARCA a contribué aux dix rapports d’étape et participé aux réunions internationales du processus. La direction générale a également pris part à des actions de sensibilisation sur le terrain.

Cette implication donne un contenu concret au leadership : porter le dossier, soutenir les capacités internes, mobiliser les opérateurs et répondre aux exigences des évaluateurs.

La sensibilisation a ainsi concerné Kinshasa et plusieurs provinces, notamment le Kongo Central, le Haut-Katanga, le Lualaba, le Sud-Kivu et le Nord-Kivu. En avril 2026, l’ARCA avait également rendu compte d’une rencontre au cours de laquelle sa directrice générale adjointe, Fanny Mbilo, avait appelé les assureurs à renforcer leurs dispositifs de conformité.

Le Conseil d’administration, un appui à la mise en œuvre

La note souligne aussi l’appui du Conseil d’administration, notamment sa célérité dans l’adoption des textes soumis et ses orientations tout au long du processus.

Cette articulation mérite d’être relevée : la conduite du dossier par la direction générale s’est appuyée sur les décisions du Conseil et sur le travail technique des équipes. Les félicitations adressées à l’ARCA viennent ainsi reconnaître une mobilisation institutionnelle dont Alain Kaninda a assuré la conduite opérationnelle.

Faire durer les acquis

Le prochain défi sera de maintenir cette exigence au-delà du retrait de la liste grise. Dans ses perspectives, l’ARCA annonce l’achèvement des contrôles sur place des sociétés Non-Vie, le suivi des plans de remédiation et l’extension de la supervision aux intermédiaires d’assurance.

Elle prévoit également l’actualisation de ses outils réglementaires, la poursuite des formations et le développement du traitement numérique des données de conformité. La note situe ces efforts dans la préparation du troisième cycle d’évaluation mutuelle, annoncé pour 2027.

Pour Alain Kaninda et ses équipes, cette échéance appellera des preuves : dossiers de contrôle, statistiques fiables, corrections vérifiables et résultats durables.

Les félicitations de la Primature consacrent le chemin parcouru. La responsabilité de l’ARCA est désormais de transformer cette reconnaissance en une exigence permanente de qualité, de vigilance et de crédibilité pour le secteur congolais des assurances.

Robert Tanzey

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