Le gouvernement congolais affirme enregistrer des avancées dans le processus de désarmement et de réinsertion des ex-miliciens Mobondo, actifs depuis plusieurs années dans l’ouest de la République démocratique du Congo.

Lors d’un briefing avec la presse lundi 17 août, le ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe, a annoncé que 596 ex-miliciens ont déjà été conduits au centre de Kanyama Kasese, dans le cadre du processus de sortie de la brousse et de réinsertion.
Le ministre a également fait état de la remise de 146 armes aux autorités militaires. Selon lui, ces résultats sont le fruit des opérations de sensibilisation menées auprès des combattants afin de les convaincre d’abandonner les groupes armés et de déposer leurs armes.
« La mission que le chef de l’État nous a confiée était de faire sortir les ex-miliciens de la brousse, mieux, la sensibilisation », a expliqué Éliezer Ntambwe, précisant que les démarches engagées auprès des Mobondo avaient été menées ouvertement.
Le gouvernement présente par ailleurs le phénomène Mobondo moins comme un conflit intercommunautaire que comme un conflit foncier ayant dégénéré en violences armées.
« Il s’agit d’un conflit foncier qui a dégénéré », a déclaré le ministre, rejetant l’idée d’un affrontement opposant directement deux communautés.
« Il n’y a pas eu du tout un problème entre les deux communautés, il y a un problème foncier », a-t-il insisté, écartant également l’hypothèse d’un conflit essentiellement coutumier.
Cette lecture du conflit constitue un élément important de la stratégie gouvernementale, alors que les autorités cherchent à favoriser la reddition des combattants et à s’attaquer aux causes profondes des violences dans les zones affectées.
Avec 596 ex-miliciens orientés vers Kanyama Kasese et 146 armes récupérées, Kinshasa veut afficher des signes de décrue du phénomène Mobondo. Le gouvernement ne considère toutefois pas le processus comme achevé : la priorité reste désormais de consolider le désarmement, d’assurer la réinsertion des ex-combattants et de prévenir la reprise des violences liées aux conflits fonciers.
Pour les autorités, la sortie durable de la crise dépendra donc autant du dépôt des armes que du règlement des différends qui ont alimenté les affrontements dans les zones concernées.
Patrick Ilunga
