Le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Aimé Boji Sangara, a lancé un appel fort aux parlements africains pour qu’ils s’impliquent davantage dans la recherche de la paix dans l’Est de la RDC. Il s’est exprimé à Johannesburg, en Afrique du Sud, lors de la deuxième session de la Conférence annuelle des présidents des parlements nationaux et régionaux du Parlement panafricain.
Devant les responsables des parlements du continent, Aimé Boji a estimé que les institutions parlementaires africaines ne peuvent plus rester silencieuses face à la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années. Selon lui, l’Afrique doit passer des discours aux actions concrètes afin de contribuer au retour de la paix.
Le président de l’Assemblée nationale congolaise a insisté sur le rôle que peut jouer la diplomatie parlementaire. Il a expliqué que les parlements africains doivent travailler ensemble pour prévenir les conflits, soutenir les initiatives de paix et défendre la souveraineté des États membres de l’Union africaine.
Au cours de son intervention, Aimé Boji Sangara a également soulevé la question du rapport de la mission effectuée par le Parlement panafricain dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu il y a plus d’une année. Cette mission avait été envoyée pour évaluer la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones touchées par les violences.
Cependant, a-t-il regretté, ce rapport n’a toujours pas été présenté aux députés du Parlement panafricain. Pour lui, cette situation est incompréhensible. Il estime que les conclusions de cette mission doivent être rendues publiques afin que les parlementaires africains puissent examiner les recommandations et prendre des décisions.
« Comment notre organisation peut-elle construire une Afrique pacifique, résiliente et prospère si un rapport aussi important reste sans suite ? », s’est-il interrogé devant l’assemblée.
Aimé Boji a demandé que ce rapport soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine séance plénière. Il souhaite qu’il soit présenté, débattu et qu’il serve de base à des actions concrètes en faveur de la paix dans l’Est de la RDC.
Le président de l’Assemblée nationale a également dénoncé la poursuite de l’agression contre la République démocratique du Congo. Il a rappelé que cette situation persiste malgré la signature de l’Accord de Washington et les différentes résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon lui, les attaques armées continuent de provoquer de graves conséquences humanitaires. Des millions de personnes sont contraintes d’abandonner leurs villages pour fuir les combats. De nombreuses familles vivent dans des camps de déplacés où les conditions de vie sont très difficiles.
Il a aussi dénoncé les nombreuses violations des droits humains commises dans les zones en conflit. Il a notamment évoqué les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre contre les femmes et les jeunes filles, les massacres de civils ainsi que les atteintes aux droits fondamentaux des populations.
Aimé Boji Sangara a également dénoncé le pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo. Selon lui, l’exploitation illégale des minerais contribue à financer les groupes armés et entretient l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Pour le président de l’Assemblée nationale, cette situation ne menace pas seulement la RDC, mais aussi la stabilité de toute la région. C’est pourquoi il estime que les institutions africaines doivent renforcer leur engagement afin d’accompagner les efforts de paix déjà entrepris.
Il a réaffirmé que la République démocratique du Congo reste attachée aux initiatives régionales et internationales visant à mettre fin au conflit. Il a rappelé que le pays continue de respecter ses engagements dans les différents processus de paix.
En conclusion, Aimé Boji Sangara a invité les parlements africains à transformer leurs engagements en actions concrètes. Il les a appelés à faire de la diplomatie parlementaire un véritable outil de prévention des conflits, de protection des populations civiles, de défense de la souveraineté des États africains et de promotion d’une paix durable sur le continent.
Chris Mutombo
