À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain célébrée chaque 16 juin, le Réseau Africain des Médias pour le WASH (RAMWASH) a lancé un appel pressant en faveur d’un accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène sur le continent. Dans un communiqué publié le 15 juin 2026 à Dakar, l’organisation dénonce une crise persistante qui affecte particulièrement les enfants, les femmes et les populations les plus vulnérables.
Le réseau rappelle que l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH) constitue un droit humain fondamental. Pourtant, malgré les engagements pris aux niveaux africain et international, des millions de personnes continuent de vivre sans services adéquats, avec des conséquences graves sur leur santé, leur éducation et leur développement.
Selon le communiqué, près de deux décès sur cinq enregistrés dans certains contextes sont liés à l’insuffisance des services WASH. Le RAMWASH souligne également que la croissance démographique du continent accentue les défis. Alors que la population africaine est estimée à 1,5 milliard d’habitants en 2024, elle pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050. Le nombre d’enfants devrait, quant à lui, avoisiner le milliard d’ici 2055, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources en eau.
L’organisation relève aussi d’importantes disparités entre les milieux urbains et ruraux, où les écarts d’accès à l’eau potable peuvent atteindre 35 points de pourcentage. Plus de 100 millions d’enfants africains demeurent exposés à des risques élevés liés à l’eau insalubre, au manque d’assainissement et aux maladies hydriques.
Dans de nombreuses régions, les femmes et les jeunes filles consacrent encore plus de trente minutes par jour à la recherche d’eau, une situation qui compromet leur santé, leur sécurité ainsi que leur accès à l’éducation. Le RAMWASH estime que les effets du changement climatique, notamment les sécheresses, les inondations et la dégradation des ressources hydriques, aggravent davantage cette crise. La réduction progressive du bassin du lac Tchad illustre, selon le réseau, l’ampleur de ces défis.
Face à cette réalité, le RAMWASH appelle les gouvernements africains et leurs partenaires à renforcer les investissements publics dans les infrastructures WASH adaptées aux besoins des enfants, à intégrer pleinement le droit à l’eau et à l’assainissement dans les politiques nationales, à réduire les inégalités entre zones rurales et urbaines, et à accorder une attention particulière aux écoles, centres de santé et communautés vulnérables.
Le réseau plaide également pour une gestion transparente et responsable des ressources destinées au secteur de l’eau et de l’assainissement. Pour lui, les chiffres actuels traduisent bien plus qu’un déficit d’infrastructures : ils révèlent une véritable crise de survie, de dignité et d’égalité des chances pour les enfants africains.
Cette année, la Journée de l’Enfant Africain est célébrée sous le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants d’Afrique ».
Chris Mutombo
