GENOCOST : La RDC honore ses victimes et intensifie son combat pour la reconnaissance internationale

Le 2 août est désormais une date importante dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Instituée par la loi du 26 décembre 2022, cette Journée nationale du GENOCOST est consacrée à la mémoire des millions de Congolais tués lors des guerres et des violences qui frappent le pays depuis près de trente ans.

Le terme « GENOCOST » associe les mots « génocide » et « coût ». Il désigne les massacres et les crimes commis en RDC dans un contexte d’exploitation illégale des richesses naturelles du pays.

À Kinshasa, le président de la République, Félix Tshisekedi, participe à la cérémonie officielle organisée au Mémorial du GENOCOST. Son discours et la lecture d’un manifeste marquent les temps forts de cette journée. Une grande commémoration populaire est également organisée à l’Esplanade de l’Échangeur. Des activités similaires sont prévues dans toutes les provinces ainsi que dans les ambassades de la RDC à l’étranger afin d’unir les Congolais autour de la mémoire, de la paix et de la justice.

Au-delà des cérémonies, le gouvernement poursuit son plaidoyer pour obtenir la reconnaissance internationale du GENOCOST. La RDC multiplie les démarches auprès des institutions internationales, notamment aux Nations unies, afin que les crimes commis sur son territoire soient reconnus et que leurs auteurs répondent de leurs actes.

Dans cette dynamique, un Conseil consultatif international a été créé. Composé d’experts en droit international, en diplomatie et en droits humains, il accompagnera les autorités congolaises dans leurs démarches juridiques et diplomatiques. Ce Conseil apportera son expertise au Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et à la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR).

Le Conseil s’appuie notamment sur le Rapport Mapping des Nations unies de 2010 et sur les violations récentes des droits humains dans l’est du pays. Il suivra également la procédure engagée par la RDC devant la Cour internationale de Justice contre le Rwanda pour violation de la Convention sur le génocide.

À l’intérieur du pays, le gouvernement veut transmettre cette mémoire aux jeunes générations. À la demande du président Félix Tshisekedi, le récit du GENOCOST sera progressivement intégré dans les programmes scolaires, de l’école primaire jusqu’à l’université. Les ministères de l’Éducation, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur travaillent déjà à cette réforme.

Cette initiative est soutenue par des formations organisées pour les inspecteurs de l’enseignement avec l’appui de la CIA-VAR et du FONAREV. L’objectif est de permettre aux enseignants de transmettre cette page de l’histoire nationale et de renforcer les valeurs de patriotisme, de paix et de citoyenneté.

Le Parlement congolais s’est également engagé dans cette démarche. Les députés ont adopté une recommandation reconnaissant le GENOCOST comme un crime de génocide commis contre les populations civiles de l’est de la RDC. Ils ont aussi demandé la création d’un mémorial national, le renforcement des actions de sensibilisation et la poursuite des efforts diplomatiques auprès des organisations internationales.

La Journée du 2 août correspond au début de la deuxième guerre du Congo en 1998. Elle est devenue un symbole du devoir de mémoire envers toutes les victimes des violences de masse et un appel à la justice.

Créées par la loi de décembre 2022, la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) jouent aujourd’hui un rôle central dans la politique de mémoire, de réparation des victimes et de justice transitionnelle menée par la République démocratique du Congo.

Chris Mutombo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *