Telecoms : Voici ce qui se cache derrière la mauvaise qualité des services

Un appel qui coupe. Une vidéo qui s’arrête. Une connexion qui disparaît au moment où l’on en a le plus besoin. Et parfois, un forfait Internet qui semble fondre à toute vitesse. En RDC, les plaintes des abonnés sont nombreuses. Mais derrière ces défaillances, qui est réellement responsable ?

À Kinshasa comme ailleurs, le scénario est familier : on essaie une autre position, on redémarre le téléphone, on le met en mode avion puis on fait disparaître cela, on se déplace lorsqu’on est en dessous d’un béton, on change de réseau…, puis on recommence.

Pourtant, un problème de communication ne commence pas et ne s’arrête pas au téléphone. Derrière quelques barres de réseau se trouvent des antennes, des tours, de la fibre optique, des équipements de transmission, de l’électricité, des investissements et un système de contrôle.

Geopolis Hebdo a voulu comprendre ce qui se passe réellement.

L’enquête est partie de deux affirmations formulées d’une part par une certaine opinion et d’autre part, par certaines autorités : face aux plaintes persistantes des consommateurs, le régulateur, mieux son responsable serait le coupable pour les uns. Pour les autres, les opérateurs de télécommunications seraient au cœur du problème de la mauvaise qualité des services. Le 26 août 2026, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a réuni les quatre opérateurs mobiles, le régulateur et plusieurs experts afin de rechercher les causes de la dégradation des services et d’établir les responsabilités. La rencontre portait notamment sur la mauvaise qualité des communications et l’épuisement jugé anormal des forfaits de données.

Une enquête exclusive de Geopolis

Pour y répondre, nous avons commencé par regarder ce que vivent ces derniers.

Le problème est bien là.

Dans le cadre de cette enquête, Geopolis Hebdo a recueilli, au travers d’un sondage en ligne, 84 témoignages d’utilisateurs à Kinshasa. L’exercice ne prétend pas constituer un sondage représentatif de l’ensemble des abonnés congolais. Il permet néanmoins de prendre la mesure d’un malaise largement exprimé.

54 répondants sur 84 évoquent une connexion Internet instable. Pour 45 d’entre eux, les difficultés de communication surviennent plusieurs fois par semaine. 66 personnes disent que ces problèmes ont eu un impact sur leurs activités, notamment professionnelles, et 15 déclarent avoir subi une perte financière qu’elles associent à des problèmes de télécommunication.

Sur les forfaits Internet, le sentiment est encore plus répandu. 78 personnes sur 84 affirment avoir déjà constaté que leur forfait s’épuisait plus rapidement que prévu, dont 30 qui disent éprouver régulièrement cette impression. Parmi les personnes ayant comparé la consommation affichée sur leur téléphone avec celle communiquée par leur opérateur, 27 déclarent avoir constaté une différence.

Ces chiffres ne permettent pas de conclure à une facturation erronée. Une consommation soudaine de données peut être générée par des applications fonctionnant en arrière-plan, des mises à jour automatiques en retard de téléchargement, des sauvegardes ou d’autres usages que l’abonné ne perçoit pas immédiatement.

Mais ils établissent au moins une chose : le problème de qualité est suffisamment récurrent pour être devenu un sujet de préoccupation pour les utilisateurs.

C’est à partir de là que notre enquête prend une autre direction.

Car si le service est mauvais, il faut regarder non seulement celui qui le vend, mais aussi tout ce qui lui permet de fonctionner.

Remonter la chaîne

Une antenne ne fonctionne pas seule. Elle a besoin d’électricité. Elle doit être reliée à une infrastructure de transmission. Elle doit disposer d’une capacité suffisante pour absorber le trafic. Elle doit être entretenue et protégée. Des techniciens doivent pouvoir accéder au site. Les fréquences doivent être disponibles. Et l’opérateur doit pouvoir investir dans l’ensemble de cette chaîne.

À mesure que nous avons remonté cette chaîne, le tableau est devenu plus complexe que celui d’un simple opérateur qui investirait suffisamment ou insuffisamment.

Nous avons trouvé un secteur exposé à plusieurs catégories de risques : fiscaux, réglementaires, judiciaires, concurrentiels, sécuritaires et infrastructurels.

C’est là que l’écosystème télécoms commence à apparaître comme le véritable sujet de l’enquête.

Quand le fisc entre dans l’équation du réseau

Les télécommunications nécessitent des investissements lourds et continus. Une antenne, un pylône, un équipement de transmission ou une liaison en fibre représentent des dépenses qui doivent être amorties sur plusieurs années.

Dans ce contexte, la prévisibilité fiscale compte.

L’affaire Vodacom en donne une illustration.

À l’issue d’un contrôle fiscal portant sur la période 2016-2019, la Direction générale des impôts avait notifié à Vodacom un redressement de 243 millions de dollars américains le 16 juillet 2021. Après recours, une décision de dégrèvement partiel du 16 août 2022 avait ramené les impositions maintenues à environ 165 millions de dollars. En décembre de la même année, des agents de la DGI avaient procédé à la mise sous scellés des bureaux de l’entreprise et à la saisie de comptes bancaires, dans le cadre du recouvrement. Vodacom avait demandé le réexamen de la décision et contesté la procédure.

Geopolis Hebdo n’a pas pu déterminer précisément, dans le cadre de cette enquête, où en sont aujourd’hui l’ensemble de ces procédures.

Mais l’affaire pose une question qui dépasse Vodacom : quelle capacité d’investissement reste disponible lorsqu’un opérateur doit simultanément financer l’extension de son réseau et faire face à des contentieux fiscaux problématiques de plusieurs centaines de millions de dollars ?

Il ne s’agit évidemment pas de dire que les opérateurs doivent échapper à l’impôt. La question est plutôt celle de la prévisibilité, celle de la justesse de l’analyse: un secteur auquel on demande d’investir massivement peut-il fonctionner durablement dans un environnement fiscal où les charges et les contentieux problématiques peuvent être foisons?

Le problème se complique encore lorsque les désaccords ne sont plus seulement fiscaux, mais réglementaires.

Face au régulateur, les opérateurs aussi vont devant les tribunaux

À cela s’ajoutent les différends liés aux taxes, aux redevances, aux licences, à la qualité de service et à l’interconnexion.

Le secteur doit donc gérer simultanément le risque fiscal, le risque réglementaire, le risque consommateur, le risque lié aux droits numériques et le risque concurrentiel.

Et l’histoire récente montre que ces risques ne sont pas théoriques.

2018-2019 : lorsque la coupure vient de l’État, mais que les opérateurs se retrouvent au tribunal

Entre le 31 décembre 2018 et le 19 janvier 2019, l’accès à Internet, aux réseaux sociaux et aux SMS avait été coupé en RDC, sur instruction du gouvernement, au lendemain des élections générales. L’exécutif avait justifié la mesure par la nécessité de préserver l’intégrité du processus électoral.

Pourtant, le Tribunal de commerce de Kinshasa/Gombe a été saisi par 24 abonnés contre Vodacom, Orange, Airtel et Africell pour « coupure abusive d’Internet et messagerie SMS ». L’Association des consommateurs de la RDC s’était également jointe à la procédure. L’affaire avait été examinée en audience introductive le 22 janvier 2019 sous la responsabilité de cette juridiction commerciale.

Le cas est intéressant pour notre enquête parce qu’il révèle une difficulté fondamentale du secteur : celui qui fournit le service n’est pas nécessairement celui qui décide de son interruption.

Le consommateur, lui, voit simplement que le service ne fonctionne plus.

C’est précisément cette superposition des responsabilités qui rend insuffisante une lecture consistant à désigner automatiquement l’opérateur et/ou le régulateur comme unique responsable.

Et pendant ce temps, qui vérifie ?

Cette question nous ramène à l’ARPTC.

L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo est le point de passage obligé de notre enquête parce que son rôle est justement de transformer les obligations des opérateurs en performances contrôlables.

La licence ne devrait pas être un simple document administratif. Elle doit permettre de savoir quelles zones doivent être couvertes, dans quels délais, avec quels niveaux de qualité, quelles obligations d’interconnexion et quels engagements en matière de service universel.

Mais cela ne suffit pas car il faut ensuite vérifier.

Combien de sites ont été promis ? Combien ont été installés ? Combien ont été modernisés? Combien de localités supplémentaires ont été couvertes ? Quelle part du réseau est passée à la 4G ou à la 5G ? Quelle capacité supplémentaire a été ajoutée ? Les appels interrompus diminuent-ils ? Les débits progressent-ils ?

Autrement dit, l’ARPTC doit être capable de transformer les promesses d’investissement en données vérifiables.
Or c’est précisément sur ce terrain que le déficit d’information apparaît.

Les promesses sont nombreuses, le tableau d’ensemble l’est beaucoup moins

Les opérateurs annoncent des investissements. Le gouvernement annonce des programmes. Le régulateur publie des rapports.

Mais pour le consommateur, il reste difficile de répondre à des questions pourtant simples : combien d’argent chaque opérateur s’était-il engagé à investir ? Combien a réellement été investi ? Combien d’antennes ont été construites ? Dans quelles provinces ? Combien de localités nouvelles ont été couvertes ? Quels manquements ont été constatés ? Combien de sanctions ont été prononcées ?

Le problème est d’autant plus important que le marché continue de croître.

Selon des données rapportées à partir des statistiques de l’ARPTC, les abonnements mobiles actifs sont passés de 74 millions au premier trimestre 2026 à 78 millions au deuxième trimestre 2026, soit une progression de 4,0% en 3 mois Dans le même temps, les revenus issus de l’Internet mobile prennent une place croissante dans le modèle économique du secteur.

La demande augmente donc, autant que les usages et le trafic. Par conséquent, les réseaux devraient suivre.

La question n’est dès lors plus simplement de savoir si les opérateurs investissent. Il faut savoir si leurs investissements progressent au même rythme que les besoins.

L’électricité : le réseau télécom commence bien avant l’antenne

C’est ici que notre enquête nous conduit hors du secteur télécom proprement dit.

Une antenne a besoin d’électricité.

Cela paraît évident, mais c’est peut-être l’un des premiers points faibles de toute la chaîne.

Lorsqu’un site n’est pas alimenté de manière suffisamment stable, l’opérateur doit recourir à des batteries, au diesel, à des groupes électrogènes ou à des solutions solaires. Cela permet de maintenir le service, mais augmente aussi les coûts d’exploitation et de maintenance.

Autrement dit, lorsqu’on demande à un opérateur pourquoi une antenne n’a pas fonctionné correctement, la réponse peut parfois se trouver en dehors de son réseau.

Le problème commence alors avec l’électricité.

Et dans cette chaîne, la SNEL occupe évidemment une place importante.

Le réseau télécom peut être moderne ; s’il n’est pas alimenté de manière fiable, la qualité ressentie par l’utilisateur restera mauvaise.

C’est l’une des raisons pour lesquelles parler de qualité des télécommunications sans parler d’énergie donne une vision incomplète du problème.

La route, la fibre et le site : trois autres maillons invisibles

Il faut ensuite pouvoir atteindre les antennes.

Dans certaines zones, les techniciens doivent parcourir de longues distances sur des routes difficiles. Une panne peut être connue, mais sa réparation retardée parce que le site est difficilement accessible.

Le problème vaut également pour les équipements.

Une batterie, un groupe électrogène, une pièce de rechange ou un nouvel équipement de transmission doivent pouvoir être acheminés jusqu’au site.

Puis vient la fibre.

La RDC reste confrontée à un déficit important d’infrastructures de fibre optique. La république devrait faire une grande toile de fibres optiques à travers le pays : quand l’une coupe, on dévie le trafic ailleurs. Les autorités ont elles-mêmes reconnu l’ampleur du chantier : selon les données citées par le gouvernement, à partir de l’ARPTC, en 2023, seuls 30,79 % des Congolais avaient accès à l’Internet mobile et moins de 0,02 % disposaient d’un accès fixe, tandis que le déploiement de la fibre nécessiterait environ 50 000 kilomètres supplémentaires de réseau national.

Le déficit de fibre n’est donc pas un détail technique.

Il touche directement la capacité du pays à transporter les données.

Et lorsque les capacités de transmission sont insuffisantes, les réseaux peuvent être confrontés à des phénomènes de saturation, particulièrement lorsque les usages augmentent rapidement.

À cela s’ajoutent les travaux de génie civil qui les coupent et le vandalisme

Une autre contradiction apparaît alors.

La RDC devrait investir dans ses infrastructures routières en même temps qu’elle développerait en économie d’échelles ses infrastructures numériques. Mais les deux peuvent parfois être tout à fait opposées, les investissements non capitalisés.

L’ARPTC a déjà identifié les travaux routiers et les problèmes de coordination du génie civil comme des facteurs de coupures de fibres.

À cela s’ajoutent les vols et les arrachages de fibres.

Un câble sectionné, une batterie volée ou un équipement détruit ne constituent pas seulement une perte financière pour l’opérateur. Ils signifient aussi une interruption du service et des coûts supplémentaires de réparation, des indemnisations tardives

Et lorsque le site se trouve dans une zone difficile d’accès ou exposée à l’insécurité, le rétablissement peut prendre davantage de temps.

Dans les zones en conflit, l’équation devient encore plus compliquée

Dans l’Est de la RDC, la question prend une autre dimension. Un opérateur peut vouloir étendre sa couverture, mais il doit pouvoir accéder au territoire, y envoyer ses équipes et protéger ses installations.

L’insécurité augmente donc le coût du déploiement ou de l’absence de service et peut, dans certaines zones, empêcher simplement l’installation ou la maintenance d’un site.

La couverture du territoire devient ainsi une question qui touche à la fois les télécommunications, les infrastructures et la sécurité.

Et l’État dans tout cela ?

C’est ici que notre enquête revient à son point de départ.

Si l’on considère séparément chaque problème, on peut toujours trouver un responsable : l’opérateur pour une antenne mal entretenue, la SNEL pour une alimentation défaillante, un service de sécurité pour un site vandalisé, une autorité locale pour un blocage foncier, l’État pour une décision administrative inappropriée, etc.

Mais lorsque ces problèmes s’additionnent, ils produisent tous le même résultat : un service de télécommunication qui ne répond pas aux attentes de l’utilisateur.

C’est pourquoi la responsabilité de l’État ne peut pas se limiter à percevoir des taxes, attribuer des licences puis demander aux opérateurs de régler seuls le problème de la qualité du service

L’État congolais doit organiser l’écosystème qui rend cette qualité possible.

Cela passe par une politique énergétique compatible avec les besoins des infrastructures numériques, une fiscalité suffisamment prévisible pour permettre l’investissement, la protection des infrastructures stratégiques, le développement de la fibre optique, la sécurisation des sites, un cadre réglementaire cohérent et le financement effectif des zones qui ne sont pas suffisamment rentables pour attirer spontanément les investissements privés, une attractivité de l’investissement au Congo

C’est là que se trouve la véritable question de responsabilité publique.

L’État n’a pas à construire lui-même toutes les antennes.
Il n’a pas à exploiter les réseaux à la place des opérateurs. Mais il doit faire en sorte que les conditions permettant à ces réseaux de fonctionner existent.

C’est à ce stade que notre enquête nous ramène à notre hypothèse de départ.

Nous étions partis d’une accusation de celui qui est responsable

En remontant la chaîne, nous découvrons que le système est beaucoup plus vaste.

Le paradoxe : les investissements existent, mais leur impact reste difficile à mesurer

Il serait injuste de dire que les opérateurs n’investissent pas. Des programmes sont annoncés et certains sont effectivement mis en œuvre.

En août 2026, les quatre opérateurs mobiles ont notamment obtenu des financements du Fonds de développement du service universel pour construire chacun au moins dix antennes dans des zones périurbaines et rurales.

Mais une annonce ne dit pas encore ce que voit l’utilisateur.

Ce qui compte, au bout du compte, c’est de savoir combien de sites sont effectivement opérationnels, combien de nouvelles localités sont couvertes, quelle capacité supplémentaire est disponible et si les indicateurs de qualité évoluent.

C’est précisément pourquoi le rôle de l’ARPTC est déterminant. Et c’est ici que quelque chose a changé en 2026.

L’ARPTC dispose désormais d’outils pour regarder elle-même

Le 25 août 2026, José Mpanda Kabangu a visité les nouveaux équipements acquis et installés par l’ARPTC pour contrôler la qualité des services de télécommunications. Les outils présentés doivent notamment permettre au régulateur de suivre les performances des réseaux, de contrôler les flux, de gérer le spectre, de vérifier la qualité des téléphones, de connaître tous les abonnés enregistrés et d’accéder à des données permettant de documenter objectivement les éventuels manquements, dans la fibre, les tours, les antennes…

Cette évolution change la nature de la responsabilité du régulateur.

Il ne s’agit plus seulement de recevoir les données fournies par les opérateurs. Il devient possible de les mesurer directement.

Et si l’on peut mesurer, il faut pouvoir rendre compte.

C’est ici que Geopolis Hebdo identifie l’un des principaux points faibles de l’écosystème : la difficulté pour le public de suivre, dans un même document, les investissements promis, les investissements réalisés, la qualité effectivement mesurée et les sanctions prises.

Passer d’une régulation administrative à une régulation de résultats.

L’Arptc prévoit de rendre le client roi pour les opérateurs, en assurant une meilleure prise en charge des abonnés, sur leurs tarifs, leurs services, leurs facturations, les flux de leur Internet : expliquer, expliquer, que l’abonné sache, ne soit pas pris au dépourvu, ne soit pas pénalisé par sa distraction.

Au terme de notre enquête, une proposition s’impose donc : publier chaque année un tableau public des performances et des investissements du secteur par opérateur

Un outil dans lequel l’ARPTC pourrait présenter, opérateur par opérateur, les investissements annoncés et ceux certifiés, les nouveaux sites installés, les sites modernisés, les passages à la 4G et à la 5G, les nouvelles localités couvertes, les débits moyens mesurés, les taux d’appels interrompus, les obligations non exécutées et les sanctions prononcées.

Ce tableau ne servirait pas à désigner arbitrairement un « meilleur » ou un « mauvais » opérateur. Il servirait à répondre à une question beaucoup plus utile : les engagements pris produisent-ils les résultats attendus ?

C’est ce lien qui manque encore au débat public.

Le problème n’est donc plus seulement celui des opérateurs

Au début de cette enquête, certaines autorités désignaient les opérateurs comme les principaux responsables de la mauvaise qualité des télécommunications d’une part et une certaine opinion pointait d’un doigt accusateur le régulateur.

Nous avons pris cette affirmation comme point de départ, pas comme conclusion.

Les consommateurs nous ont d’abord montré que le problème existe : instabilité de la connexion, difficultés professionnelles, pertes financières alléguées, sentiment d’épuisement rapide des forfaits.

Puis, en remontant la chaîne, nous avons regardé les opérateurs.

Nous avons trouvé des entreprises qui ont des obligations et des responsabilités réelles, mais qui évoluent également dans un environnement marqué par des risques fiscaux importants, des contentieux réglementaires, des litiges liés à l’interconnexion, des contraintes énergétiques, des difficultés d’accès aux sites, des problèmes de fibre, du vandalisme et de l’insécurité, des problèmes d’infrastructures de base.

Nous avons ensuite regardé le régulateur.

Nous avons trouvé une institution qui dispose d’un rôle central dans le contrôle des performances et qui vient justement de renforcer significativement ses capacités techniques.

Et c’est là que le puzzle commence à prendre forme.

La mauvaise qualité des télécommunications n’apparaît plus comme le problème isolé d’une entreprise et/ou d’une institution donnée. Elle apparaît comme le symptôme d’un écosystème dont plusieurs maillons sont fragiles.

Autant que l’opérateur peut être défaillant, l’énergie, la fibre, les infrastructures et la sécurité peuvent autant l’être.

Aussi, il faut reconnaître que la régulation peut manquer de transparence et la fiscalité peut peser sur les capacités d’investissement. Alors que le trafic, lui, continue de croître.

La responsabilité n’est donc pas diluée : elle doit être située, maillon par maillon.

Lorsqu’un opérateur ne respecte pas une obligation, il doit répondre de son manquement. Lorsqu’une infrastructure publique empêche ou ralentit le déploiement, cela doit être documenté. Lorsqu’une décision administrative affecte la qualité du service, son auteur doit pouvoir l’assumer. Lorsqu’un régulateur dispose de données mais ne les rend pas accessibles, la question de la transparence se pose.

C’est seulement en regardant toute cette chaîne que l’on peut comprendre pourquoi, malgré les investissements annoncés et les nouvelles technologies déployées, un simple appel téléphonique peut encore devenir une épreuve.

La question de départ était donc : qui est responsable de la mauvaise qualité des télécommunications en RDC ?

Après avoir remonté la chaîne, une réponse plus complexe apparaît. Ce n’est pas seulement une histoire d’opérateurs. C’est une histoire d’écosystème.

Il faut porter tout cet écosystème vers la responsabilité à tous les contributeurs : gouvernement, ministres, opérateurs, régulateurs et abonnés, d’offrir du mieux en vue de la vision du Chef de l’Etat qui est celle d’une natiln digitale. C’est une affaire de tous pour avoir du mieux, en connectivité, qualité de service, digitalisation, littéracie numérique.

Car au bout de cette chaîne, il y a toujours le même acteur : l’abonné qui paie. Et lui ne demande pas de savoir qui a tort en théorie. Il veut simplement que son appel passe, que sa connexion fonctionne et que les données pour lesquelles il a payé correspondent au service qu’il reçoit.

Geopolis Hebdo continuera de suivre cette chaîne.

Une enquête exclusive de Geopolis

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