Extension de Kinshasa I 12 milliards USD pour redessiner la capitale

La République Démocratique du Congo vient de franchir un tournant décisif dans sa politique d’aménagement du territoire. Sous la houlette de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, l’État congolais et le consortium Sino-Congo Special Zone (SCSZ) ont signé, jeudi 23 octobre, une convention de collaboration lançant officiellement le vaste projet d’extension de la capitale vers la commune de Maluku.

La cérémonie, organisée à l’immeuble du Gouvernement dans une atmosphère solennelle, a réuni plusieurs membres du Gouvernement Suminwa II parmi lesquels le Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget Adolphe Muzito, le Ministre d’État à l’Urbanisme et Habitat Alexis Gisaro, ainsi que les Ministres John Banza (Infrastructures), Marc Ekila (Formation professionnelle), Aimé Molendo (Ressources hydrauliques), Jean-Lucien Bussa (Aménagement du territoire), Justin Kalumba (Petites et moyennes entreprises), O’neige Nsele (Affaires foncières) et Julie Mbuyi (Portefeuille). 

La coordination du projet est confiée à l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC), dirigée par Freddy Shembo Yodi.

Dans son discours d’ouverture, la Première Ministre a salué une étape majeure dans la concrétisation de la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui veut faire de Kinshasa une métropole moderne et durable. Ce projet, a-t-elle souligné, « s’inscrit dans le Programme d’actions du Gouvernement » et vise à offrir une réponse structurelle aux défis d’urbanisation, de chômage et de congestion qui étouffent la capitale.

Cœur du projet d’extension, la Cité industrielle Chine-Congo s’étendra sur 75 km² dans sa première phase, au sein d’un plan global d’expansion urbaine couvrant 430 km². Son investissement total est évalué à 12 milliards de dollars américains.

Le Coordonnateur du Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de Kinshasa (CSSEDK), Thierry Katembwe, a révélé les retombées économiques attendues : « La cité industrielle comprendra 1 200 unités industrielles et va générer près de 50 000 emplois dans un premier temps, pour atteindre les 150 000 à terme. La jeunesse congolaise en sera la principale bénéficiaire. »

Selon lui, ce projet constitue « un début de solution considérable à la décongestion de Kinshasa » et jette les bases d’un nouveau pôle de développement économique à l’est de la ville.

Le représentant du consortium SCSZ, Wang Shujun, a présenté les grandes lignes techniques du projet : « La Cité industrielle sera structurée autour de huit parcs industriels spécialisés : matériaux de construction, transformation alimentaire, économie circulaire, produits forestiers, technologies, plastiques, textiles et habillement, ainsi qu’industrie automobile et équipements électromécaniques. »

Ces pôles sectoriels doivent favoriser la diversification économique, la création de valeur ajoutée locale et la transformation sur place d’une partie des produits agricoles, forestiers et halieutiques de la RDC.

Le Ministre d’État à l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro, a mis en avant la philosophie du projet : « L’acte que nous posons aujourd’hui symbolise un choix stratégique clair : celui d’un développement urbain fondé sur la production, l’emploi et la durabilité. L’industrie précède la ville pour mieux la servir. »

Cette approche, a-t-il expliqué, vise à construire une ville planifiée, où l’activité économique soutient et finance l’urbanisation, rompant ainsi avec la logique d’expansion anarchique qui caractérise aujourd’hui Kinshasa.

Présent à la cérémonie, le Gouverneur de la Ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a salué une initiative qu’il qualifie de « vitale » pour la capitale : « C’est un projet de grande envergure et une solution à plusieurs maux que vit la ville : l’extension, les embouteillages et l’urbanisation sauvage. Ce projet apporte de l’ordre, de l’emploi et une vision. »

Le développement de la Cité industrielle s’étalera sur dix ans, en plusieurs phases de construction et de modernisation. Les trois premières, consacrées à l’édification et à l’équipement des infrastructures, devraient durer entre trois et cinq ans chacune.

À terme, la Cité industrielle devra couvrir 30 % des besoins quotidiens de la capitale et assurer la transformation locale de 30 % des produits aquacoles, forestiers et d’élevage du pays.

Avec ce projet, la République démocratique du Congo affiche l’ambition de faire de Kinshasa un centre industriel et logistique majeur d’Afrique centrale. Cette initiative traduit la vision modernisatrice du Chef de l’État et l’engagement réformateur du Gouvernement, déterminé à concilier croissance urbaine, industrialisation et développement durable.

Don Momat

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