La C64 veut rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour sortir la RDC de la crise. Réunis à Rome, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund réaffirment leur opposition à toute modification constitutionnelle destinée à prolonger le pouvoir. Ils condamnent également le recours aux armes et réclament la libération de Prince Epenge. Mais derrière cette démarche, les cinq dirigeants posent leurs conditions pour un dialogue national inclusif.

Delly Sesanga : la Constitution doit être respectée
C’est Delly Sesanga qui a porté la parole commune de la coalition en donnant lecture de la déclaration finale, le 27 octobre à Rome.
Sur la question constitutionnelle, le président d’Envol a relayé une position ferme de la plateforme : « Une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée. Elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée. »
La C64 conteste ainsi toute initiative susceptible de contourner l’article 220 de la Constitution, notamment sur le nombre et la durée des mandats présidentiels. Elle rejette un troisième mandat et tout report des élections prévues en 2028. La coalition estime qu’aucune majorité parlementaire ne peut justifier une remise en cause des dispositions constitutionnelles.
Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund : une initiative commune
Les quatre autres dirigeants du présidium — Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund — soutiennent la démarche collective visant à obtenir des rencontres séparées avec Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
Selon la déclaration finale, l’objectif est de « trouver une solution congolaise à la crise ». La coalition veut convenir avec les deux personnalités des conditions d’un dialogue national inclusif, notamment son objet, sa composition, sa facilitation et le suivi de ses conclusions.
La C64 estime qu’aucune issue militaire ne permettra de résoudre durablement les crises politique, sécuritaire et humanitaire. Elle appelle donc à un processus réunissant les parties concernées, sans exclusion, et à une meilleure coordination des initiatives de médiation, notamment celles de Doha et de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo.
Il convient toutefois de préciser que les sources consultées ne rapportent pas de déclarations individuelles distinctes de Fayulu, Katumbi, Matata Ponyo et Kabund sur chacun de ces points. Leurs positions doivent donc être présentées comme celles de la coalition plutôt que comme des citations personnelles.
Prince Epenge : les cinq dirigeants réclament sa libération
L’autre réaction forte de la C64 concerne l’interpellation de Prince Epenge à l’aéroport international de N’Djili, alors qu’il devait rejoindre ses collègues à Rome.
Les membres du présidium ont exigé sa libération immédiate et interpellé la communauté internationale sur son sort.
Le porte-parole de Martin Fayulu est accusé, selon les informations rapportées par la presse, de « propagation de faux bruits », après avoir qualifié d’assassinat la mort de Manassé Lomboto, chargé de sécurité de son parti, décédé après la manifestation du 15 septembre.
Pour la C64, cette affaire soulève la question du respect des libertés publiques et du traitement réservé aux opposants. La coalition demande également une enquête indépendante sur les violences dénoncées lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre.
Une opposition face à ses responsabilités
En annonçant vouloir rencontrer séparément le chef de l’État et son prédécesseur, la C64 cherche à se positionner comme un acteur de la recherche d’une solution négociée. Elle entend également solliciter les partenaires internationaux de la RDC pour soutenir cette démarche.
Mais l’initiative reste suspendue à la réponse de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila. Aucun calendrier de rencontre n’a été communiqué et aucun accord des deux hommes n’a été annoncé.
La C64 affiche ainsi ses exigences : respect de la Constitution, rejet de la conquête du pouvoir par les armes, dialogue inclusif et décrispation politique. Reste à savoir si cette démarche pourra rapprocher des acteurs dont les positions demeurent profondément divergentes.
Blessed Kuzola
