À l’African Digital Innovation Summit : Le gouvernement lance un message clair

Le mardi 25 novembre a marqué l’ouverture de la 4ᵉ édition de l’Africa Digital Innovation Summit (ADIS) au Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique centrale, à Kinshasa. Placé sous le thème : « Accélérer la transformation digitale souveraine de l’Afrique », l’événement réunit pendant deux jours, du 25 au 26 novembre, des experts du numérique venus de divers horizons du continent afin d’aborder les enjeux de la transformation digitale, de l’innovation et de la souveraineté technologique en Afrique.

Le numérique s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable du développement de la République démocratique du Congo. C’est dans cette optique que plusieurs membres du gouvernement ont pris part à l’ouverture du forum, notamment le ministre de l’Économie numérique Augustin Kibasa,  le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku et la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté Raïssa Malu. Lors du panel ministériel inaugural de la 4e édition de l’ADIS, chacun a présenté les avancées enregistrées dans son secteur ainsi que les défis persistants qui freinent l’essor technologique du pays.

Considérée comme  dynamique, la jeunesse congolaise constitue un véritable atout pour le développement numérique de la RDC. Toutefois, la formation et l’encadrement restent indispensables pour garantir une maîtrise technologique solide et renforcer la compétitivité du pays. « il n’y a pas de  maitrise technologique sans formation. Et donc pour nous, le capital humain est très important. Nous avons pensé à lancer une campagne de mobilisation de tous les congolais à pouvoir être formé dans le domaine du numérique particulièrement la cybersécurité et l’intelligence artificielle qui bat son plein aujourd’hui.», a souligné Augustin Kibassa, ministre de l’Économie numérique.

Présente également au panel, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a mis en avant les progrès réalisés grâce à l’intégration du numérique dans le système éducatif, en particulier pour les populations qui en ont le plus besoin. «En réalité, l’enseignement à distance et l’utilisation des plateformes étaient tolérés dans le système éducatif, mais n’était pas légal et c’est la première fois que j’ai signé un arrêté en février de cette année qui rend légal l’enseignement à distance où maintenant on a un caractère légal plutôt que d’être toléré, il devient complémentaire à l’enseignement classique »a-t-elle expliqué.

Pour sa part, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a insisté sur la nécessité de lutter contre les mauvaises pratiques au sein de l’administration, qui freinent l’adoption des solutions numériques pourtant porteuses de transparence et d’efficacité. « je crois qu’on doit parier les réformes sur le numérique aux sanctions. Si on crie tous les jours, on veut réformer et qu’on ne prévoit pas de sanctions, les réformes n’arriveront pas», a-t-il averti.

Cette 4ᵉ édition de l’ADIS met en lumière l’urgence pour l’Afrique et pour la RDC en particulier de consolider sa souveraineté numérique en misant sur l’innovation, la formation et la gouvernance. Les échanges entre experts et décideurs ouvrent la voie à des transformations profondes, à condition que les réformes engagées soient accompagnées de volonté politique, de rigueur et d’investissements durables. L’avenir numérique du continent dépendra de cette capacité collective à construire un écosystème solide, inclusif et véritablement souverain.

Damany Mujinga

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