Le projet de loi de finances pour l’exercice 2027 est désormais entre les mains des députés nationaux. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé, ce mardi 15 septembre 2026, au dépôt du texte au Bureau de l’Assemblée nationale, en présence de plusieurs membres de son gouvernement.

Chiffré à 56,929 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, ce projet de budget est présenté par le Gouvernement comme un budget « d’action et de souveraineté ». Il vise à traduire en crédits budgétaires les engagements du Président de la République contenus dans le Programme d’actions du Gouvernement.
La sécurité et la défense figurent parmi les principales priorités. L’exécutif entend notamment renforcer les moyens consacrés au retour de la paix, particulièrement dans l’Est du pays.
« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’est du pays », a déclaré Judith Suminwa après le dépôt du projet.
Le Gouvernement entend également agir sur le pouvoir d’achat, notamment à travers le renforcement des investissements dans l’agriculture et l’amélioration de la production locale. La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État est également prise en compte, conformément aux engagements issus des accords conclus avec les syndicats.
Les infrastructures constituent un autre axe important du projet de budget. Les routes, les aéroports et les universités figurent notamment parmi les secteurs auxquels l’exécutif prévoit d’accorder une attention particulière.
Pour financer ces différentes priorités, le Gouvernement mise sur une meilleure mobilisation des recettes publiques. La digitalisation des services d’assiette, le suivi de la facture normalisée et celui de la TVA sont notamment présentés comme des leviers pour accroître les ressources de l’État.
Le projet de loi de finances tient également compte du contexte politique et institutionnel du pays. Des crédits sont prévus pour accompagner les élections ainsi que l’identification de la population. Le dialogue national convoqué par le Président de la République est également intégré dans les prévisions budgétaires.
« D’ailleurs, le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population », a précisé la Première ministre.
Au-delà des dépenses, l’exécutif entend ainsi rapprocher les ressources publiques des priorités de développement du pays, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux.
Judith Suminwa était accompagnée notamment des vice-Premiers ministres Daniel Mukoko Samba, chargé de l’Économie nationale, et Adolphe Muzito, chargé du Budget, ainsi que des ministres Guy Loando, Doudou Fwamba, Massamba Wa Massamba et Patrick Muyaya.
En plus du projet de loi de finances 2027, la cheffe du Gouvernement a également déposé le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025. Ce texte permettra au Parlement d’examiner l’exécution du précédent budget et notamment de comparer les prévisions aux réalisations.
Le dépôt de ces deux textes ouvre désormais la phase d’examen parlementaire, avant les différentes étapes de discussion et d’adoption du budget pour l’exercice 2027.
Daniella Kalala
