Marche de la C64 : Des affrontements interrompent la mobilisation à Kinshasa

Prévue pour porter plusieurs revendications politiques et sécuritaires, la marche de la coalition C64 a été interrompue à la dixième rue, à quelques mètres du siège de l’UDPS, à Kinshasa. Des affrontements entre des militants de la coalition et des individus présentés par les organisateurs comme des membres de la Force du Progrès ont empêché la poursuite de l’itinéraire prévu.

La tension est montée sur le parcours de la manifestation, contraignant les organisateurs à mettre fin à la mobilisation avant son terme. La C64, qui comptait faire entendre ses revendications sur plusieurs questions nationales, dénonce une situation qui, selon elle, a compromis le caractère pacifique de la marche.

Au sein de la coalition, l’interruption de la marche soulève également des interrogations sur les conditions de sécurisation des manifestations publiques à Kinshasa.

Martin Fayulu, membre du présidium de la C64, estime que la Police nationale congolaise n’a pas pleinement assuré sa mission d’encadrement et de protection des manifestants.

« La Police nationale devait réellement protéger la population, mais à notre grande surprise, la police a commencé à jeter des gaz lacrymogènes à nos militants et à protéger la Force du Progrès », affirme-t-il.

Ces accusations relèvent de la version défendue par la C64 sur le déroulement des incidents. Elles interviennent alors que la marche a été interrompue avant que les organisateurs ne puissent atteindre l’ensemble des points prévus dans leur itinéraire.

Pour Martin Fayulu, l’incident n’efface toutefois pas les revendications portées par la coalition. Il affirme que le chef de l’État connaît déjà la teneur du mémorandum que la C64 entendait faire parvenir aux autorités.

Parmi les principales revendications figurent le rejet de tout projet de changement ou de révision de la Constitution, ainsi que des réserves concernant le format du dialogue national convoqué par le président Félix Tshisekedi, que la coalition juge insuffisamment inclusif.

La C64 met également en avant la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo et réclame le respect du processus électoral et de l’échéance de 2028.

Après les affrontements, la coalition a également appelé les autorités à identifier et interpeller les personnes qu’elle accuse d’avoir participé aux violences.

Merlin Vuvu, responsable au sein de la C64, réclame notamment l’arrestation des membres de la Force du Progrès impliqués, selon lui, dans l’interruption de la manifestation.

« La police n’arrive pas à maîtriser ce groupe de la Force du Progrès qui a interrompu la marche pacifique. Si les membres de la Force du Progrès ne sont pas interpellés ou arrêtés, c’est maintenant la population qui prendra le relais », déclare-t-il.

Une déclaration qui traduit la colère de la coalition après l’arrêt de la marche, mais qui soulève également la question de la responsabilité des acteurs chargés de maintenir l’ordre lors des manifestations publiques.

Au-delà de l’incident, cette mobilisation remet sur la table le débat sur l’encadrement des manifestations politiques et la capacité des différents acteurs à garantir leur déroulement sans violences.

La mobilisation de la C64 visait à porter plusieurs revendications politiques.

La coalition maintient d’abord son opposition à toute initiative visant, selon elle, à modifier ou réviser la Constitution. Elle réclame également le respect du calendrier électoral et de l’échéance présidentielle de 2028.

La question du dialogue national constitue un autre axe majeur de ses revendications. La C64 ne rejette pas le principe d’un dialogue, mais souhaite une démarche qu’elle considère comme véritablement inclusive.

Sur la crise sécuritaire dans l’Est du pays, la coalition estime que la recherche d’une solution durable doit prendre en compte l’ensemble des acteurs concernés par le conflit. Elle défend notamment la participation aux discussions des différentes parties impliquées dans la crise, y compris celles qui contrôlent ou ont contrôlé certaines portions du territoire national.

Cette revendication de l’opposition constitue à ce jour un point de friction entre les acteurs politiques en RDC. La majorité présidentielle argue que les congolais ayant pris les armes contre la nation, ne peuvent prétendre s’asseoir à la table de la même nation.

Héritier Lelo

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