DIALOGUE NATIONAL : PATRICK KASENDA PLAIDE POUR UNE PLACE DES ENTREPRENEURS CONGOLAIS À LA TABLE

Alors que la perspective d’un dialogue politique revient au centre du débat national, l’entrepreneur Patrick Kasenda invite à élargir le cercle des acteurs appelés à réfléchir à l’avenir du pays. Pour lui, les entrepreneurs congolais ne peuvent rester en marge d’un processus dont les conclusions auront nécessairement des conséquences sur l’économie, l’emploi et la stabilité sociale.

En République démocratique du Congo, les grandes séquences de crise et de transition sont généralement pensées comme des affaires essentiellement politiques. Pouvoir, opposition, société civile, confessions religieuses : ce sont traditionnellement ces acteurs que l’on retrouve autour de la table.

Patrick Kasenda estime qu’il est temps d’élargir cette architecture.

Le jeune industriel congolais considère que les entrepreneurs nationaux devraient être associés au dialogue à venir, précisément parce qu’ils supportent directement une partie du coût économique et social des périodes d’incertitude et des changements que traverse le pays.

L’argument mérite attention.

Lorsque la situation politique se tend, l’économie réelle en ressent rapidement les effets : investissements différés, consommation ralentie, perturbation des circuits d’approvisionnement, pression sur la trésorerie des entreprises et inquiétude des travailleurs.

Or, derrière chaque entreprise congolaise se trouvent des emplois, des familles, des fournisseurs et parfois tout un écosystème de petites activités qui en dépendent.

Pour Patrick Kasenda, l’entrepreneur n’est donc pas seulement un créateur de richesse. Il est également devenu un acteur de stabilité sociale.

Dans un pays où l’État ne peut à lui seul absorber la demande d’emplois, le secteur privé national porte une responsabilité croissante. Il investit, crée des emplois, paie des salaires, contribue aux recettes publiques et tente de maintenir l’activité même lorsque l’environnement économique devient difficile.

Dès lors, discuter de la stabilité politique sans entendre ceux qui en supportent directement les conséquences économiques reviendrait à ne traiter qu’une partie de l’équation congolaise.

La proposition de Patrick Kasenda ne consiste pas à transformer les entrepreneurs en acteurs politiques. Elle invite plutôt à reconnaître que la paix et la stabilité institutionnelle sont aussi des questions économiques.

Le dialogue à venir, s’il doit préparer durablement l’avenir, gagnerait ainsi à intégrer la voix du secteur privé national : celle des entrepreneurs qui connaissent les contraintes du terrain, les difficultés de produire en RDC, le défi de préserver les emplois et, surtout, le prix économique de chaque période d’instabilité.

Le Congo de demain ne se construira pas seulement autour de ceux qui gouvernent ou aspirent à gouverner. Il devra également compter avec ceux qui investissent, produisent, emploient et prennent chaque jour le risque d’entreprendre au pays.

C’est, au fond, le sens du plaidoyer de Patrick Kasenda : faire entrer l’économie réelle à la table du dialogue national.

Geopolis

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