À la veille du mercredi 22 juillet 2026, la majorité présidentielle et l’opposition ont toutes deux décidé de suspendre leurs manifestations publiques prévues à Kinshasa. Alors que les consultations autour du dialogue national se poursuivent, ces reports relancent le débat sur les véritables enjeux politiques de ces mobilisations.


Dès son annonce, cette manifestation a suscité de nombreuses interrogations. Prévue à la même date que celle initialement choisie par l’opposition, elle avait été maintenue alors même que cette dernière venait de suspendre sa propre mobilisation afin de privilégier les consultations autour du dialogue national.
« Comme vous le savez, l’Union sacrée de la Nation avait sollicité l’organisation d’une manifestation le 22 juillet 2026 dans un objectif simple : soutenir les institutions de la République, les Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi que les Wazalendo, qui se battent pour l’intégrité territoriale nationale », a déclaré le secrétaire permanent de l’USN.
Il a ensuite annoncé le report de cette initiative : « Je voudrais cependant vous informer qu’après des consultations au sein de l’Union sacrée de la Nation, il a été décidé de reporter cette manifestation de soutien aux institutions à une date ultérieure. »
Autre fait marquant, cette initiative n’avait pas fait l’unanimité au sein de la majorité. L’UDPS, principale formation politique de l’Union sacrée, s’en était désolidarisée, tandis que l’Hôtel de Ville de Kinshasa avait refusé d’en prendre acte, maintenant l’interdiction de tout rassemblement public en raison des mesures sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola.
Malgré ce contexte, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, avait d’abord maintenu l’appel à manifester avant d’annoncer, à la veille de l’événement, la suspension de la marche.
Cette succession d’annonces et de revirements alimente les interrogations sur la portée réelle de cette mobilisation : s’agit-il d’une démonstration de force avortée ou d’une simple séquence de communication politique dans un climat marqué par les tractations autour du dialogue national ?
Didier Ilunga
