Matinée politique de la CCU : Lambert Mende brise le silence sur la mission primordiale à assigner au Dialogue national

Depuis l’annonce du dialogue national en République Démocratique du Congo (RDC), il s’observe dans l’univers politique congolais un point de convergence entre le pouvoir en place, les différentes oppositions et la société civile dans sa mosaïque quant à la nécessité de l’inclusivité. Au cours d’une matinée politique organisée récemment par la Convention des Congolais Unis (CCU), son fondateur, M. Lambert Mende Omalanga, s’est interrogé sur ” De quoi demain sera-t-il fait ? ”. Cette réflexion prospective, de l’ancien ministre de la Communication et médias, porte-parole du Gouvernement, sous le régime de Joseph Kabila, porte sur les grands enjeux de l’heure en RDC et plus particulièrement sur la crise sécuritaire et humanitaire qui remonte à trois décennies. Dans son message à la Nation, le premier des lumumbistes de la CCU, a noté qu’il existe néanmoins des nuances concernant son organisation et l’ordre du jour de ce forum.


‎Inclusivité sans résilience à l’agression rwandaise ?

‎” Pour nous, CCU et nos partenaires de l’Union sacrée pour la Nation (USN), la priorité majeure réside dans la réponse à l’agression rwandaise par la RDC grâce à la cohésion et l’unité de ses fils et de ses filles. Nous, lumumbistes de la CCU, estimons que la mission primordiale à assigner au Dialogue est d’élaborer et mettre en œuvre un dispositif de prévention et de protection contre le terrorisme, d’où qu’il provienne. ”, a déclaré d’entrée de jeu l’Autorité morale de la CCU. Avant d’ajouter : ” L’inclusivité revendiquée par une partie des oppositions comme une garantie d’accessibilité de tous les Congolais à ce rendez-vous ne peut pas ne pas se concevoir au détriment de la résilience du Congo agressé par le Rwanda. Ce qui pose le problème de la participation à ce forum de Congolais qui continuent délibérément à servir de supplétifs aux forces d’occupation de ce pays voisin avec lequel des négociations ont lieu. ”

‎Dans l’entendement du semillant orateur du jour Mende Omalanga Lambert, ” l’idée d’ouvrir le Dialogue à des personnes dûment condamnées par la justice, ou
‎sanctionnées par la communauté internationale, pour collusion avec l’agresseur n’est pas acceptable parce que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Il en est de même des individus membres des groupes armés actifs aux côtés de l’agresseur rwandais et qui ne se désolidarisent pas formellement de ce dernier ”. Ces deux catégories, pense-t-il, devraient être non éligibles au Dialogue intuitu personae.

‎Quid de la réforme constitutionnelle ?

‎Concernant le débat qui autour de la réforme constitutionnelle qui défraye la chronique, le baobab politique Lambert Mende Omalanga tient à rappeler que : ” l’adoption et la promulgation d’une Loi
‎référendaire n’est pas à confondre avec l’organisation d’un référendum pour le changement de la Constitution. Le
‎référendum est une consultation populaire qui, à l’instar des élections, est une catégorie fonctionnelle de la démocratie prévue dans la Constitution. Elle est impérativement organisée par un corpus législatif et son champ d’application n’est pas limité à la seule Constitution ”.

‎Sur le fond, selon LMO, les États adaptent leur calendrier politicoinstitutionnel aux circonstances lorsqu’ils sont confrontés
‎à une menace majeure. Les exemples cités par notre animal politique sont légions. Face à la Grande Dépression du Krach boursier de 1929 et la 2ème guerre mondiale, les Etats-unis ont mis entre parenthèses la limitation des mandats présidentiels à deux en confiant à Roosevelt (élu en 1932, réélu en 1936) un 3ème mandat en 1940, puis un 4ème mandat en 1944. Roosevelt apparaissait comme un dirigeant possédant l’expérience et la capacité de protéger les intérêts américains pendant ces crises. En Ukraine, la guerre avec la Russie, a inspiré une loi martiale qui a suspendu les élections tant que dure le conflit.

‎La question vitale de l’agression prime sur les autres considérations ?

‎De l’avis du guide suprême de la CCU, ” la Constitution congolaise n’est pas immuable, sauf à vouloir figer la quintessence de ce peuple dans une temporalité particulière (…). Le président Tshisekedi est le seul qui se soit dressé avec constance contre les incessantes turpitudes de Kagame. Il a dénoncé sans circonlocutions ses faux prétextes et organisé vaille que vaille la défense
‎conventionnelle et la résistance populaire parallèlement à un processus inexorable d’isolement diplomatique de
‎l’agresseur. ”

‎Lambert Mende et la CCU suggérent en définitive que tant que persistera l’agression rwandaise contre la RDC, le Président Tshisekedi, le seul parmi quatre chefs d’État à la tête de ce pays de 1996 à ce jour à avoir pris des mesures politiques, militaires et diplomatiques significatives contre cette agression
‎persistante du voisin rwandais devrait rester en fonction.

‎Selon ce tandem, ” Les réformes institutionnelles génèrent toujours des frustrations chez ceux dont elles heurtent les convictions et les aspirations particulières. Celles en gestation chez nous n’échappent pas à ce sort. La pire des choses serait que les controverses y relatives déconnectent les élites de la question vitale de l’agression qui prime sur toutes les autres considérations, aspirations et ambitions diverses, sans préjudice de leur pertinence. ”

‎Dieudonné Buanali

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