Le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a lancé mercredi, au Centre financier de Kinshasa, les conférences budgétaires 2027, une étape décisive dans la préparation de la prochaine loi des finances. À cette occasion, il a fixé un cap ambitieux : porter les recettes courantes de l’État à 18 milliards de dollars américains en 2027, contre 15,3 milliards prévus en 2026, dans le cadre d’une trajectoire de consolidation des finances publiques.

Devant les membres du gouvernement, les responsables des institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts des administrations, Adolphe Muzito a insisté sur la nécessité de faire de ces assises « des conférences de vérité budgétaire et de responsabilité ». Il a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à déposer le projet de loi de finances 2027 dans le respect des délais constitutionnels, à la rentrée parlementaire du 15 septembre.
Le Vice-Premier ministre a présenté une vision de long terme fondée sur l’élargissement de l’assiette fiscale, une meilleure mobilisation des recettes et une gestion plus rigoureuse des finances publiques. Selon les projections dévoilées, les recettes courantes progresseraient de 15,3 milliards de dollars en 2026 à 18 milliards en 2027, avant d’atteindre 21 milliards en 2028. À plus long terme, le gouvernement ambitionne de porter ces recettes à 40 milliards de dollars d’ici 2035.
« Suivant cette dynamique, les recettes courantes évolueraient de 15,3 milliards de dollars américains en 2026 à 18 milliards en 2027, avant d’atteindre 21 milliards en 2028. Nous pensons qu’à l’horizon 2035, nous pourrions atteindre 40 milliards de dollars américains », a déclaré Adolphe Muzito.
Cette progression s’inscrit dans une stratégie visant à relever progressivement la pression fiscale. Celle-ci devrait atteindre 14 % du PIB en 2027, contre 12,5 % en 2026, avant de se stabiliser autour de 15 % entre 2028 et 2030, avec un objectif supérieur à 17 % à l’horizon 2035.
Pour Adolphe Muzito, cette dynamique repose sur la stabilité macroéconomique enregistrée ces dernières années. Il a salué la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« Sous la Haute Impulsion de Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République démocratique du Congo a résolument maintenu le cap de la stabilité macroéconomique, de la construction des infrastructures, du renforcement de la souveraineté nationale et de l’amélioration progressive des conditions sociales de la population », a-t-il affirmé.
Pendant dix jours, du 29 juillet au 11 août, les experts des ministères et des administrations publiques auront pour mission d’affiner les hypothèses macroéconomiques et budgétaires qui serviront de base au projet de loi de finances 2027. Les travaux porteront notamment sur les besoins de fonctionnement des services publics, les mesures destinées à accroître les recettes, l’identification des risques budgétaires ainsi que l’amélioration de la qualité des dépenses publiques.
Le Vice-Premier ministre a appelé les participants à améliorer la qualité des projections budgétaires, à mieux appréhender les recettes issues du secteur minier, à renforcer la traçabilité des flux financiers et à suivre avec davantage de rigueur le solde budgétaire hors ressources naturelles.
« Une projection rigoureuse de la croissance des recettes constitue, à cet égard, une exigence majeure, selon les orientations de la première ministre Judith Suminwa», a-t-il insisté, soulignant la nécessité de transformer davantage la croissance économique en recettes publiques afin de financer les priorités nationales.
Les experts examineront également les exonérations fiscales accordées au cours des deux dernières années afin d’évaluer leur pertinence et d’identifier les possibilités de réduction de ces avantages. Ils analyseront aussi les nouvelles mesures destinées à mieux identifier les assujettis et les bénéficiaires des exonérations, dans l’objectif d’améliorer le rendement fiscal.
La secrétaire générale au Budget, Jeanne Golomingi, a souligné que ces conférences devront aboutir à des prévisions plus fiables, aussi bien en recettes qu’en dépenses, afin d’orienter efficacement les ressources disponibles vers les priorités du gouvernement.
« L’objectif est de parvenir in fine à des choix réalistes qui orientent les ressources disponibles vers les priorités nationales. Pour l’exercice 2027, un accent particulier est mis sur la poursuite du processus de basculement vers le budget-programme », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement entend ainsi finaliser cette réforme majeure de la gestion des finances publiques, tout en poursuivant l’élargissement de l’assiette fiscale et le financement des priorités inscrites dans son Programme d’actions.
Patrick Ilunga
