Contrairement à ce que d’aucuns pensent, le Code minier de la République Démocratique du Congo (Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002, telle que modifiée et complétée par la Loi n° 18/001 du 9 mars 2018) reconnaît en réalité trois formes principales d’exploitation minière, bien que la distinction soit souvent ramenée aux secteurs à grande et à petite échelle. Le cadre légal, géré techniquement par le Cadastre Minier (CAMI), structure l’exploitation comme suit : l’exploitation minière industrielle, l’exploitation minière à petite échelle (petite mine) et l’exploitation minière artisanale. S’agissant particulièrement de ce dernier mode d’exploitation, l’envahissement des périmètres miniers industriels par des creuseurs artisanaux est une crise structurelle en RDC. Alimentée par la pauvreté, le manque de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) viables et la forte demande en minerais (cobalt, cuivre, or), cette situation génère de violents conflits et entrave les investissements. Présent à Lubumbashi dans le cadre de la DRC Mining Week 2026, l’un des principaux rendez-vous miniers du continent qui se tient du 17 au 19 juin dans la capitale cuprifere, M. Lefranc Basima Busane, en sa qualité de Directeur ayant le Social dans ses attributions à Kibali Gold Mine( KGM), coentreprise entre le géant Barrick Mining Corporation, Anglo Gold Ashanti et la parapublique Sokimo, a évoqué les défis liés à l’exploitation minière artisanale. Dans un entretien avec la presse spécialisée, il revient sur les efforts de formalisation du secteur, les relations entre KGM et les communautés locales ainsi que la nécessité de préparer l’après-mine à travers des activités économiques durables.
Bonjour Monsieur Lefranc Basima Busane, vous êtes intervenu lors d’un panel consacré à l’exploitation minière artisanale. Quel était le principal message de votre intervention ?
Lefranc Basima (LB) : Les échanges ont principalement porté sur la formalisation du secteur minier artisanal et sur les défis environnementaux qui l’accompagnent. Pour une entreprise comme Kibali, qui évolue à proximité de zones d’exploitation artisanale, il est important de maintenir un dialogue permanent avec les acteurs concernés. L’objectif est d’éviter les conflits d’usage, de protéger les concessions minières et de favoriser une exploitation plus encadrée et responsable.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels vous faites face ?
LB : L’un des défis reste la présence d’activités minières non autorisées autour de certains sites. Ces situations peuvent avoir un impact sur les opérations et sur la sécurité. Nous travaillons avec les autorités compétentes afin que les activités minières se déroulent dans le respect du cadre légal. L’implication des pouvoirs publics est essentielle pour garantir une meilleure organisation du secteur.
Comment Kibali collabore-t-elle avec les communautés locales ?
LB : Nous avons mis en place différents mécanismes de dialogue avec les communautés. Cela commence par l’identification des principales parties prenantes afin de comprendre leurs préoccupations et leurs attentes. Les échanges se font à travers des cadres de concertation ou des rencontres directes. Cette approche nous permet de maintenir un dialogue régulier et de nous assurer que les communautés participent aux discussions qui concernent leur environnement.
Quelle place accordez-vous au développement local dans cette démarche ?
LB : Nous encourageons les initiatives qui favorisent la création d’activités économiques durables. L’objectif est de promouvoir des projets productifs capables de générer des revenus au-delà de l’activité minière elle-même. La question de l’après-mine est importante. Les communautés doivent pouvoir disposer d’alternatives économiques viables lorsque l’exploitation prend fin.
Quel regard portez-vous sur les discussions menées à la DRC Mining Week cette année ?
LB : Cette plateforme offre l’occasion d’échanger sur les enjeux majeurs du secteur minier, notamment la gouvernance, l’investissement, le contenu local, l’environnement et le développement communautaire. C’est également un cadre qui permet aux différents acteurs de partager leurs expériences et d’identifier des solutions communes aux défis du secteur.
Dieudonné Buanali
DRC Mining Week 2026 : Lefranc Basima et Kibali Goldmines appellent à la formalisation de l’exploitation minière artisanale, enjeu majeur pour le secteur
