Le virus Ebola ne provoque pas seulement des dégâts sanitaires, mais également d’importantes conséquences économiques. À Bunia, dans la province de l’Ituri, la suspension récente des vols commerciaux à la suite de l’alerte sanitaire pourrait lourdement affecter plusieurs secteurs d’activités.
Cette mesure, prise pour limiter la propagation de la maladie, risque néanmoins de ralentir davantage l’économie locale dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les difficultés économiques.
Selon plusieurs analystes, l’arrêt des vols commerciaux complique fortement les échanges. Bunia dépend en grande partie du transport aérien pour l’acheminement rapide de certaines marchandises, des produits médicaux ainsi que pour les déplacements des opérateurs économiques. Cette perturbation pourrait entraîner des retards d’approvisionnement et provoquer une hausse des prix sur les marchés locaux.
Le secteur du transport aérien figure parmi les premiers touchés. Les compagnies aériennes, les agences de voyage ainsi que les services liés à l’aéroport subissent déjà les effets de la baisse du trafic aérien et du ralentissement des activités.
D’autres observateurs estiment également que cette situation pourrait décourager certains investissements dans la région. Face à la menace sanitaire, plusieurs partenaires économiques pourraient reporter leurs déplacements ou ralentir certains projets, freinant ainsi davantage l’économie provinciale.
Les petits commerces et les activités informelles ne sont pas épargnés. La diminution du mouvement des voyageurs affecte directement les revenus des commerçants, des hôtels, des restaurants ainsi que des services de transport locaux.
Parallèlement, les autorités sanitaires doivent mobiliser davantage de ressources pour renforcer la riposte contre Ebola, notamment dans la surveillance épidémiologique, les soins médicaux et les campagnes de prévention. Des dépenses supplémentaires qui exercent une pression importante sur les finances publiques.
Au-delà de l’urgence sanitaire, la suspension des vols vers Bunia illustre une nouvelle fois l’impact économique considérable qu’une épidémie d’Ebola peut avoir sur les populations locales et sur l’économie de l’Ituri, d’autant plus que Kinshasa dépend en partie des produits agricoles provenant de cette région.
Pendant que Kinshasa ferme totalement, de l’autre côté, l’Ouganda a également décidé de fermer temporairement sa frontière avec la RDC, tout en autorisant uniquement certaines catégories de personnes à y accéder, notamment les équipes de riposte contre Ebola, les opérateurs humanitaires, les transporteurs de marchandises et de nourriture ainsi que les services de sécurité.
Cette situation isole davantage l’Ituri et soulève des inquiétudes sur la circulation des activités économiques et des échanges commerciaux. Un contexte qui démontre encore une fois l’ampleur des dégâts économiques que peut provoquer cette épidémie, ainsi que l’urgence de stopper sa propagation avant que l’économie de cette partie du pays ne soit davantage fragilisée.
Daniella Kalala
