Redistribution des richesses : Félix Tshisekedi interpellé

La question de la redistribution des richesses en République démocratique du Congo s’est invitée au cœur de la récente conférence de presse du président de la République, Félix Tshisekedi.

Alors que plusieurs indicateurs macroéconomiques affichent une progression notable ces dernières années, une partie importante de la population continue de faire face à des conditions de vie difficiles. Une réalité soulevée par le journaliste Willy Kalengayi lors de sa prise de parole.

Face au président de la République, le journaliste a notamment mis en avant l’évolution du budget national, passé de 300 millions de dollars américains à la fin des années 90 à près de 22 milliards aujourd’hui.

« Monsieur le Président, permettez-moi de partager avec vous deux chiffres : le premier chiffre, c’est 300 millions, qui étaient le budget du Zaïre vers la fin des années 90, et le deuxième chiffre, c’est 22 milliards, qui est le budget actuel. Nous aurons donc connu un accroissement de 7200% », a déclaré Willy Kalengayi.

Malgré cette progression, le journaliste s’est interrogé sur les retombées concrètes de cette croissance économique sur le quotidien des Congolais.

« Ma préoccupation est celle de savoir comment le Congo, qui gagne les moyens, va cesser de produire les pauvres », a-t-il ajouté.

En réponse, Félix Tshisekedi a reconnu les défis persistants liés à l’amélioration des conditions de vie de la population. Le Chef de l’État a toutefois défendu le bilan économique de son mandat en mettant en avant plusieurs indicateurs macroéconomiques.

Le président de la République a notamment évoqué une inflation stabilisée autour de 3 %, ainsi qu’une hausse des réserves de change, passées de 800 millions à près de 7 milliards de dollars américains.

Félix Tshisekedi a également rappelé que près de 30 % du budget national est actuellement consacré à l’effort de guerre et aux questions sécuritaires, principalement dans l’Est du pays. Selon lui, cette situation sécuritaire continue de peser lourdement sur les finances publiques et freine les perspectives de prospérité.

« Il ne peut y avoir de véritable développement sans paix », a-t-il insisté.

Le Chef de l’État a par ailleurs souligné l’importance des investissements dans les infrastructures et dans le secteur de l’énergie afin d’attirer davantage d’investisseurs. À ce sujet, il a affirmé que le taux d’électrification du pays est passé de 9 % à 22 % au cours de son mandat.

Pour Félix Tshisekedi, le développement des infrastructures ainsi que la relance du secteur agricole constituent des leviers essentiels pour soutenir la croissance, créer des emplois et améliorer progressivement les conditions de vie des Congolais.

Le président de la République a enfin appelé la population à faire preuve de patience, estimant que les efforts engagés devraient produire davantage d’effets sur le plan social dans les années à venir.

Daniella Kalala

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