RDC–Angola : Judith Suminwa : passer des discours aux résultats pour bâtir une prospérité partagée

La Première Ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka a présidé la cérémonie d’ouverture du forum économique Angola-RDC organisé du 01 au 02 avril 2026 à Kinshasa. Dans son mot d’ouverture, la chef du gouvernement a appelé les participants à inaugurer un tournant décisif dans la coopération économique entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Elle a, pour ce faire, exhorté les gouvernements et opérateurs économiques de deux pays à transformer les engagements en réalisations concrètes, notamment à travers le corridor de Lobito, la facilitation des échanges et la sécurisation des circuits commerciaux.

Ci-dessous, l’intégralité de son discours

Discours de Son Excellence Madame la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka

Ouverture du 3ᵉ Forum économique RDC–Angola
Kinshasa, 01 avril 2026

Monsieur le Ministre d’État,
Comme cela vient d’être dit, nous avons, je pense pour beaucoup d’entre nous, eu une nuit très courte, notamment avec la qualification des Léopards.

C’est donc un réel plaisir de vous voir si nombreux à ce forum, qui marque toute l’importance, pour nos deux Républiques, des relations économiques que nous entretenons.

Ces relations entre nos deux pays sont essentielles. Je tiens donc à vous remercier toutes et tous pour votre présence.
C’est avec un grand honneur et un profond sens de responsabilité que je prends la parole à l’occasion de l’ouverture de ce troisième Forum économique entre la République d’Angola et la République démocratique du Congo.

Ce forum ne se limite pas à une simple rencontre institutionnelle entre deux États. Il est l’expression d’un lien ancien et vivant entre deux peuples.
Bien avant la formation de nos États modernes et le tracé des frontières héritées de l’histoire coloniale, nos territoires appartenaient déjà à des espaces politiques, économiques et culturels communs.

Nous pensons notamment aux grands ensembles historiques qui ont marqué notre région, dont l’influence s’étendait bien au-delà des frontières actuelles. Ces espaces constituaient de véritables réseaux d’échanges, reliant l’intérieur du continent aux côtes atlantiques, facilitant la circulation des biens, des services et des valeurs.

Une économie régionale dynamique s’y développait, fondée sur la confiance, la complémentarité et la mobilité. Autrement dit, bien avant que l’intégration régionale ne s’impose comme un concept économique moderne, elle constituait déjà une réalité vécue par nos peuples.

Cette mémoire commune nous rappelle une évidence : la République d’Angola et la République démocratique du Congo ne sont pas simplement deux pays voisins. Elles sont liées par une histoire, une culture et un destin commun.

Ces liens se sont également manifestés avec force dans les moments les plus difficiles de notre histoire contemporaine. Face aux crises qui ont secoué notre région, nos deux nations ont su faire preuve de solidarité, de courage et de fraternité.

Des femmes et des hommes ont consenti de grands sacrifices pour préserver la stabilité et l’intégrité de notre région.
Cette fraternité n’est donc pas seulement symbolique. Elle est concrète, elle est historique.
Aujourd’hui, cette histoire nous engage. Elle nous oblige à traduire cette fraternité en opportunités économiques concrètes, en bâtissant une prospérité partagée.

Mesdames et Messieurs,

Conscients de cette histoire commune et du destin étroitement lié de nos peuples, Leurs Excellences les Chefs d’État de la République démocratique du Congo et de la République d’Angola ont résolument engagé nos deux pays dans une nouvelle ère de partenariat.
Un partenariat tourné vers l’avenir, vers l’intégration régionale et vers la prospérité de nos peuples.

Les deux premiers forums économiques, organisés notamment à Kinshasa en 2023, ont permis de jeter les bases de cette ambition commune.
Aujourd’hui, ce troisième forum doit marquer un tournant. Il ne doit pas être un rendez-vous de plus dans notre agenda. Il doit être un moment de résultats.

Car l’intégration régionale ne se mesure pas à l’intensité de nos discours. Elle se mesure à la qualité de nos infrastructures, à la fluidité de nos échanges et surtout aux opportunités concrètes offertes à nos populations.

Dans cet esprit, nos travaux porteront sur des axes essentiels :
Premièrement, la facilitation des transactions financières, condition indispensable à l’intensification des échanges commerciaux ;
Deuxièmement, la lutte contre la contrebande, afin de garantir des circuits économiques transparents et sécurisés ;
Troisièmement, le développement des infrastructures structurantes, notamment le corridor stratégique de Lobito, ainsi que d’autres projets structurants évoqués, y compris dans le domaine énergétique.

Le corridor de Lobito constitue une opportunité stratégique majeure pour notre sous-région. Il ne s’agit pas uniquement d’un projet d’infrastructure, mais d’un véritable levier de transformation économique. Il peut connecter nos économies, stimuler l’industrialisation, favoriser la transformation locale de nos ressources et créer des emplois durables pour nos populations.

Mesdames et Messieurs,

Ce troisième forum doit être celui de la maturité, mais surtout celui de l’efficacité.

Nous devons passer des intentions aux réalisations, des engagements aux mécanismes opérationnels, et des ambitions aux résultats concrets. Nos populations attendent des changements tangibles, une transformation réelle de leurs conditions de vie.

Dans la tradition africaine, le symbole du « dikenga » incarne la continuité, la transmission et la responsabilité entre les générations. Il nous enseigne qu’aucune génération ne peut se contenter de recevoir : elle doit également construire, transformer et transmettre.
C’est là toute la responsabilité qui est la nôtre aujourd’hui.

Au-delà de la coopération bilatérale entre nos deux pays, notre action s’inscrit dans une ambition plus large : celle d’une Afrique intégrée.

En renforçant nos échanges, en développant nos infrastructures et en facilitant le commerce transfrontalier, nous contribuons concrètement à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Car une Afrique qui commerce davantage avec elle-même est une Afrique plus forte, plus résiliente et plus prospère.

C’est dans cet esprit de responsabilité, de fraternité et d’ambition commune que je déclare ouverts les travaux du troisième Forum économique entre la République démocratique du Congo et la République d’Angola.

Je vous remercie.

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