Femmes : Entre résilience et survie en temps de crise économique

Elles sont vendeuses de pain, de friperies, ou encore commerçantes au marché, assises derrière leurs étals ou criant leurs produits dans la rue. Ces femmes de tout âge, souvent seules à porter le poids des foyers, tiennent la maison à bout de bras alors que la crise économique ébranle tout autour d’elles. Leur courage et leur persévérance sont les piliers invisibles de la survie de milliers de familles.

Derrière ces visages du quotidien se cache une réalité économique majeure : selon un rapport de l’ONU au congo Kinshasa, près de 96 % des femmes actives travaillent dans le secteur informel, principalement dans le petit commerce, la vente de produits alimentaires ou la friperie.

Dans la capitale, où plus de 70 % des activités économiques relèvent de l’économie informelle, ces femmes occupent une place centrale dans les marchés et les rues de la capitale. Les études montrent également que 64,7 % des entreprises détenues par des femmes se trouvent dans le commerce, tandis que plus de la moitié de ces activités (50,6 %) sont installées directement dans les marchés. Ces chiffres illustrent le rôle déterminant, mais souvent peu reconnu, de ces commerçantes dans la dynamique économique et la résilience sociale du pays.

Dans un contexte de crise, ces femmes ne font pas seulement vivre leurs familles : elles maintiennent en mouvement toute une économie de proximité, permettant à la ville de continuer à respirer.

Pour l’économiste Christian Aidini, au-delà du soutien qu’elles apportent à leurs ménages, les femmes participent aussi au maintien de l’économie nationale, en assurant la circulation des biens et des revenus au sein des communautés.

“ Lorsque les revenus familiaux diminuent, par exemple à la suite d’un choc économique quelconque, les femmes ont souvent tendance à intégrer ou à intensifier leur participation au marché du travail afin de compenser cette perte D’ailleurs, les économistes désignent ce phénomène par le concept « effets travailleurs supplémentaires » qui contribue justement à stabiliser les revenus et la consommation de ménages.

Dans des pays en développement comme la République démocratique du Congo, les femmes occupent une place centrale dans l’économie informelle, qui agit souvent comme un mécanisme d’ajustement et de survie économique lorsque l’économie formelle est fragilisée, donc lorsque l’économie formelle est défaillance.”dit-il

Suite à cela Il rajoute ces recommandations

“Il apparaît essentiel que les pouvoirs publics puissent mettre en place des politiques favorables à l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers l’investissement dans l’éducation et la formation des filles, la multiplication par exemple des mécanismes de crédit et de microfinance. Je pense aussi à l’amélioration de l’accès aux ressources productives, ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat féminin. En fait, de telles initiatives peuvent non seulement renforcer la capacité des femmes à participer pleinement à la vie économique, mais aussi et surtout à contribuer à une relance économique plus inclusive, durable et équilibrée, et surtout que nous sommes dans une période où l’on veut de plus en plus que la croissance économique puisse être inclusive.”

Il faut dire tout de même que cette émancipation par nécessité n’est pas sans revers. Dans le même temps, certaines femmes, confrontées à l’urgence et au manque de ressources, se trouvent contraintes à des pratiques risquées pour survivre : vendre leur corps, accepter des situations exploitantes, simplement pour nourrir leurs enfants ou payer un loyer. La ligne entre courage et sacrifice devient parfois douloureusement mince.

Pourtant, malgré la précarité et les épreuves, ces femmes continuent de se battre, inventent, s’adaptent et tiennent debout. Dans l’ombre des grandes décisions économiques, elles maintiennent l’essentiel : nourrir leurs familles et faire circuler la vie dans la ville. Elles sont la preuve silencieuse qu’au cœur de la crise, la résilience n’a pas de genre, et que l’espoir peut se trouver dans les gestes les plus simples : un pain vendu, un sourire échangé, une journée de travail accomplie.

Daniella Kalala

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *